Réunis à Blois ce samedi 30 août, les responsables socialistes ont présenté un projet alternatif au budget 2026. Dans leur ligne de mire : huit années de macronisme qu’ils jugent désastreuses et la volonté affichée de ne pas accorder la confiance au gouvernement lors du vote du 8 septembre.
« Pouvoir d’achat en baisse, creusement des inégalités, retard sur la transition écologique et dérapage sans précédent de la dette publique : le bilan appelle à rompre avec huit ans de macronisme », a affirmé Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Même son de cloche au Sénat où Patrick Kanner a dénoncé « une méthode intolérable : refus du compromis, promesses non tenues, notamment sur la réforme des retraites ».
Le plan socialiste s’articule autour de plusieurs principes. D’abord, « soutenir les classes populaires et moyennes », notamment via la baisse de la CSG pour les salaires inférieurs à 1 920 euros nets par mois, ce qui représenterait « un gain de pouvoir d’achat de 900 euros par an pour une mère célibataire au SMIC », selon la députée Estelle Mercier. Ensuite, mettre davantage à contribution « les grandes entreprises et les grandes fortunes », via une taxe dite “Zucman” de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros ou encore une contribution ciblant les GAFAM. Enfin, relancer l’investissement par un plan vert de 10 milliards d’euros, comprenant rénovation des logements sociaux, soutien à l’hôpital, aux EHPAD et à l’école publique. Le parti promet également la suspension immédiate de la réforme des retraites, avec un retour à 62 ans comme « point d’atterrissage », selon la sénatrice Laurence Rossignol.
Les socialistes affirment pouvoir dégager 14 milliards d’euros d’économies « sans mettre à contribution les travailleurs ni les services publics ». Ces coupes concerneraient principalement certaines niches fiscales et les aides aux grandes entreprises, ainsi qu’une meilleure régulation des prix des médicaments et de l’intérim médical.
Du côté de la majorité, on dénonce un programme irréaliste. Plusieurs économistes rappellent que les mesures annoncées reposent sur des recettes incertaines, notamment la lutte contre la fraude ou la taxation des multinationales. « Suspendre la réforme des retraites coûterait plusieurs dizaines de milliards dans les années à venir, ce qui compromettrait la soutenabilité de la dette », souligne un proche du gouvernement.
Si les socialistes assurent viser un déficit à 3 % du PIB d’ici 2032, leurs opposants estiment que l’équation budgétaire reste fragile. Entre promesse de soutien au pouvoir d’achat, financement des services publics et trajectoire de dette, le débat s’annonce vif lors du vote de confiance du 8 septembre.
Memento.Paris
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)