Le guichet MaPrimeRénov' a rouvert le 23 février, après plusieurs semaines de suspension liées à l’absence de budget. Pour Dorémi, entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans la rénovation énergétique performante, cette réouverture constitue une étape importante pour les ménages et les professionnels du secteur.
Selon Dorémi, la reprise du dispositif permet de soutenir à nouveau les rénovations d’ampleur, alors que seuls les travaux dits « monogestes » restaient financés durant la suspension. Depuis octobre, les rénovations d’ampleur sont réservées aux logements classés E, F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Les travaux d’isolation des murs ou l’installation de chaudières biomasse ne sont plus éligibles lorsqu’ils sont réalisés seuls, tandis que la pose de pompes à chaleur demeure financée, y compris dans des logements très énergivores.
Le budget annoncé pour 2026 s’élève à 3,6 milliards d’euros de crédits d’État, complétés par 500 millions d’euros de certificats d’économies d’énergie (CEE). Les objectifs fixés pour 2026 prévoient 150 000 monogestes et 120 000 rénovations d’ampleur. Dorémi rappelle que l’objectif gouvernemental pour 2025 était de 200 000 rénovations d’ampleur. L’entreprise souligne également que le nombre de monogestes diminue au fil des années.
Autre évolution mentionnée : l’obligation d’un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ avant le dépôt d’un dossier. Cette mesure est présentée par les pouvoirs publics comme un moyen de limiter les fraudes. Dorémi indique toutefois que les niveaux de fraude observés auraient été faibles et attribue cette situation à l’intervention des Accompagnateurs Rénov’.
Les plafonds de dépenses éligibles ont été fixés depuis octobre 2025 à 30 000 euros hors taxes pour un gain de deux classes énergétiques et à 40 000 euros hors taxes pour un gain de trois classes ou plus, avec un taux de financement pouvant atteindre 80 % pour les ménages aux revenus très modestes. Dorémi estime que ces ajustements entraînent une diminution des subventions pour les rénovations d’ampleur et une augmentation du reste à charge pour les ménages modestes.
L’entreprise souligne que les maisons individuelles représentent 56 % des logements en France et que plus de 17 millions de résidences principales sont très consommatrices d’énergie. Elle indique que 52 000 rénovations d’ampleur sont prévues en 2026 et que 45 000 dossiers déposés en 2025 seraient encore en attente de traitement.
Dans le cadre de ses suivis de consommation énergétique, Dorémi observe une consommation moyenne de chauffage de 34 kWhEP/(m².an) après rénovation, pour un objectif national fixé à 50 kWhEP/(m².an). L’entreprise indique que plus de 40 % des rénovations qu’elle accompagne concernent des ménages modestes ou très modestes au sens de l’ANAH.
Vincent Legrand, président de Dorémi, déclare : « La rénovation performante repose sur une approche globale : visualiser la maison quand elle sera rénovée et donc performante, en isolant l’enveloppe, en assurant une ventilation, et un chauffage performant, puis mettre en œuvre le maximum de postes de travaux, en gérant les interfaces postes. C’est cette cohérence technique qui permet de transformer durablement une passoire énergétique en logement très économe, confortable et sain, et de sortir les ménages de la précarité énergétique. »
Dorémi considère que la stabilité des dispositifs publics est un facteur déterminant pour sécuriser la filière et accompagner la montée en compétence des entreprises. L’organisation appelle à concentrer les financements sur des rénovations jugées performantes afin d’atteindre les objectifs climatiques, sociaux et énergétiques fixés au niveau national.
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