La Région Île-de-France a adopté, le 29 janvier 2026, une nouvelle étape de son Plan santé, intitulée « Acte 2 », afin de répondre aux tensions persistantes sur l’offre de soins sur le territoire francilien. Cette décision s’inscrit dans un contexte où près de trois millions de Franciliens sont aujourd’hui sans médecin traitant et où plus de 60 % d’entre eux résident en zone d’intervention prioritaire. L’accès aux soins figure par ailleurs parmi les priorités du budget régional 2026, voté le 17 décembre 2025.
Depuis 2016, la Région indique avoir investi plus de 72 millions d’euros pour soutenir la création de plus de 500 structures de santé en Île-de-France. Le nouvel « Acte 2 » du Plan santé est doté d’une enveloppe de cinq millions d’euros et vise à attirer de nouveaux soignants, améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé et garantir un accès effectif aux soins sur l’ensemble du territoire.
Parmi les nouveaux dispositifs annoncés figure la création d’un « bonus » à l’installation destiné à encourager l’implantation de professionnels de santé dans les zones les plus en tension. Cette aide forfaitaire, pouvant atteindre 10 000 euros, s’adresse aux infirmiers, médecins généralistes, sages-femmes et kinésithérapeutes s’installant seuls dans les territoires ruraux de grande couronne, les quartiers prioritaires de la politique de la ville, la Seine-Saint-Denis ou les zones fragilisées de grande couronne. En grande couronne, le bonus « ruralité » ciblera plus spécifiquement les médecins généralistes, spécialistes, soignants de premiers secours et professionnels paramédicaux.
La Région prévoit également de renforcer la sécurisation des cabinets médicaux, alors que près de 4 000 signalements de violences à l’encontre des soignants ont été recensés en 2024 en Île-de-France, principalement sous forme d’agressions verbales. Un nouveau dispositif d’aide permettra de financer des équipements de protection, tels que des portes avec contrôle d’accès, des visiophones, des systèmes d’alarme ou de vidéoprotection. Cette aide pourra atteindre 15 000 euros pour les cabinets médicaux et 8 000 euros pour les professionnels exerçant seuls.
Le déploiement des structures de santé pluriprofessionnelles se poursuit également. Depuis 2016, la Région a soutenu 517 structures collectives, dont 158 maisons de santé pluriprofessionnelles réparties dans près de 400 communes. L’« Acte 2 » du Plan santé prévoit de renforcer l’aide à la création, à l’extension et à l’équipement de ces maisons de santé, en particulier dans les territoires encore sous-dotés.
Afin de préparer le renouvellement de la démographie médicale, la Région met en place de nouvelles aides pour favoriser l’accueil de médecins en fin de formation, dits « docteurs juniors ». Une aide à l’aménagement et à l’équipement des locaux médicaux est lancée, associée à un soutien au logement sous forme de loyers modérés dans les zones rurales. Une enveloppe de 100 000 euros est prévue pour soutenir des offres de logements proposés gratuitement ou à faible coût, ainsi qu’une enveloppe supplémentaire de 100 000 euros destinée aux travaux d’aménagement ou d’extension des cabinets accueillant ces jeunes médecins.
En parallèle, la Région renouvelle son partenariat avec Initiative Île-de-France pour proposer aux professionnels de santé un prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 50 000 euros, le « Prêt santé initiative », destiné à accompagner les besoins de trésorerie lors de l’ouverture ou de la reprise d’un cabinet. Depuis 2019, près de 300 praticiens ont bénéficié de ce dispositif.
Enfin, la Région agit en amont sur la formation afin de susciter des vocations. Une option « santé » est proposée aux lycées volontaires, notamment en zones rurales, avec des actions de tutorat, de stages de découverte et de témoignages d’étudiants en médecine. De nouveaux terrains de stage sont également développés pour favoriser la découverte de l’exercice de la médecine de ville.
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