En Île-de-France, 9,5 % des ménages, soit environ 470 000 foyers, se trouvent en situation de vulnérabilité énergétique dans leur logement, selon une étude publiée le 26 février 2026 par l’Insee. Ce taux reste inférieur à la moyenne nationale, estimée à 17 %. La région apparaît ainsi comme la moins exposée à ce phénomène en France.
La vulnérabilité énergétique correspond à la difficulté pour un ménage à assumer les dépenses nécessaires pour maintenir un confort thermique dans son logement, notamment pour le chauffage ou l’eau chaude, lorsque ces dépenses sont combinées à des revenus modestes. En Île-de-France, la dépense énergétique conventionnelle liée à l’habitat pour atteindre un confort thermique standard représente en moyenne 1 570 euros par an, contre 1 730 euros au niveau national.
Au sein de la région, la situation varie selon les territoires. Les Hauts-de-Seine comptent 6,5 % de ménages vulnérables. La part est également inférieure à la moyenne régionale à Paris, dans les Yvelines, dans l’Essonne et dans le Val-de-Marne. En revanche, les taux sont plus élevés dans le Val-d’Oise, où ils atteignent 10 %, et en Seine-et-Marne avec 12 %. La Seine-Saint-Denis présente le niveau le plus élevé avec 13 % de ménages concernés.
L’étude souligne également que certaines catégories de population sont davantage exposées. En Île-de-France, 43 % des ménages pauvres sont en situation de vulnérabilité énergétique, contre 4,4 % des ménages dont les revenus sont supérieurs au seuil de pauvreté. Les personnes vivant seules sont également plus concernées, avec un taux de 17 %, qui atteint 25 % en Seine-et-Marne. Les familles monoparentales sont touchées à hauteur de 10 %, contre 5 % pour les couples avec un enfant et 2 % pour les couples avec enfants. La part atteint 15 % chez les ménages de 65 ans ou plus, contre 7 % chez les personnes âgées de 25 à 64 ans.
La structure du parc de logements francilien constitue toutefois un facteur limitant. La proportion importante de logements collectifs contribue à réduire la vulnérabilité énergétique. Ainsi, 13 % des ménages vivant en maison sont concernés, contre 8,2 % de ceux résidant en appartement. Le taux atteint également 13 % pour les logements construits avant 1948, contre 4 % pour ceux construits après 2000. Par ailleurs, 22 % des ménages vivant dans des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique sont en situation de vulnérabilité.
L’Insee souligne que l’évolution de cette situation dépendra notamment du prix de l’énergie et de la performance thermique des logements. Dans une hypothèse de hausse prolongée des prix de l’énergie d’ici 2030, sans rénovation thermique des logements, la part de ménages vulnérables pourrait augmenter. Une hausse de 50 % des prix de l’énergie conduirait à porter ce nombre à environ 257 000 ménages supplémentaires.
À l’inverse, la mise en place de politiques de rénovation énergétique pourrait réduire le nombre de ménages concernés. Selon les scénarios étudiés, ces politiques pourraient permettre de diminuer de 55 000 à 233 000 le nombre de ménages vulnérables d’ici 2050, le scénario le plus ambitieux divisant par deux le nombre de ménages concernés.
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