À l’approche des élections municipales, la startup éco-responsable Merci Raymond propose un projet de végétalisation des ponts parisiens. Spécialisée dans la (re)végétalisation en ville et le développement de l’agriculture urbaine, l’entreprise souhaite ouvrir le débat sur la transformation de ces ouvrages d’art en véritables lieux de vie.
Membre du collectif Myrium, opérateur indépendant dédié à la performance durable des bâtiments, Merci Raymond s’appuie sur plus de dix ans d’expérience dans la conception végétale urbaine. L’entreprise invite ainsi les Parisiens à repenser l’usage des ponts qui jalonnent la capitale et à imaginer ce que pourrait devenir la ville si la nature y trouvait davantage sa place.
Transformer les 37 ponts de la capitale en espaces de fraîcheur
Du Pont-Neuf, construit en 1578, à la passerelle Simone-de-Beauvoir inaugurée en 2006, Paris compte 37 ponts répartis sur 13 kilomètres de berges de la Seine intra-muros. Ces ouvrages constituent des axes essentiels de circulation dans la ville, mais restent aujourd’hui largement minéraux et fortement exposés aux effets d’îlots de chaleur urbains.
Face à ce constat, le collectif de jardiniers-paysagistes urbains propose de transformer ces ponts en interfaces de rencontre et de contemplation, conciliant patrimoine historique et enjeux écologiques contemporains.
« Notre ambition est de transformer les ponts en lieux de vie, capables de répondre aux enjeux climatiques sans renoncer à leur valeur patrimoniale, le tout en respectant des contraintes techniques fortes, propres à ces ouvrages d’art. En transformant ainsi les 37 ponts parisiens en véritables “parasols naturels”, nous activons un levier climatique d'urgence. Aujourd'hui, le mobilier urbain et le bitume agissent comme des accumulateurs de chaleur. Remplacer ces surfaces minérales par une strate végétale dense crée une bulle de fraîcheur immédiate pour les piétons, avec un gain ressenti de -2°C à -4°C grâce à l'évapotranspiration des plantes. Végétaliser les ponts, c'est par ailleurs offrir aux Parisien·nes des corridors écologiques là où l'espace au sol est saturé. À l'instar des toits, les ponts sont des espaces sous-exploités qui doivent devenir des refuges climatiques et des lieux de convivialité », explique Hugo Meunier, cofondateur de Merci Raymond.
Un projet mêlant végétalisation et nouveaux usages
Le bureau d’études de Merci Raymond a mobilisé ses paysagistes concepteurs pour élaborer des projections intégrant l’usage de l’intelligence artificielle. L’objectif est de valoriser les structures existantes sans altérer les perspectives architecturales protégées.
Le projet prévoit une densification végétale importante sur les ponts parisiens. À terme, il pourrait permettre de faire pousser plus de 50 000 plantes, de planter des arbres tous les cinq à dix mètres, de créer au moins 30 aires de jeux thématiques, d’installer 50 kiosques multifonctions et de générer plus de 20 000 m² d’espaces verts supplémentaires sur ces infrastructures.
L’ambition est également de favoriser les rencontres et les usages culturels et récréatifs en transformant ces lieux de passage en destinations urbaines à part entière.
Des aménagements pensés pour chaque pont
Chaque proposition serait adaptée aux spécificités de l’ouvrage concerné. Aux îlots de fraîcheur générés par les plantations pourraient s’ajouter différents usages collectifs et ludiques destinés à redonner vie à ces artères historiques.
Parmi les aménagements envisagés figurent des amphithéâtres végétalisés pour accueillir des spectacles ou des performances, des skateparks légers sous voiles ombragées, des terrains de pétanque intégrés à des surfaces herbacées, des kiosques de lecture et des cafés itinérants installés au cœur de bosquets fleuris, ainsi que des espaces de jeux pour enfants ou des scènes musicales éphémères.
Des solutions techniques inspirées de projets existants
Le projet s’inspire également d’expériences menées dans d’autres espaces urbains végétalisés. Parmi elles figure l’extension de la ferme pédagogique de la Villette, où les parcours paysagers sont liés aux eaux du canal et à des zones humides aménagées pour favoriser la biodiversité.
Merci Raymond envisage notamment d’utiliser des ressources locales pour l’irrigation des végétaux installés sur les ponts, grâce à des systèmes capables de capter et valoriser l’eau de la Seine. Des dispositifs similaires sont déjà utilisés à Paris pour l’entretien de certains espaces verts et de la voirie.
À travers cette proposition, l’entreprise entend ouvrir une réflexion sur l’évolution des infrastructures urbaines et sur la manière dont les ponts pourraient contribuer à la transition écologique de la capitale.
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