Le Conseil d’État a rejeté les recours déposés par La France insoumise (LFI), ainsi que par l’Union des Droites pour la République (UDR) et Éric Ciotti, contre la circulaire du ministre de l’Intérieur du 2 février 2026 relative à l’attribution des nuances politiques pour la présentation des résultats des élections municipales des 15 et 22 mars 2026.
Les requérants demandaient l’annulation de cette circulaire, qui prévoit le classement des candidats et des listes selon différentes nuances politiques afin de permettre l’agrégation des résultats électoraux au niveau national.
Comme lors de chaque scrutin national, le ministre de l’Intérieur adresse une circulaire aux préfets définissant les règles permettant d’attribuer aux candidats et aux listes des nuances politiques homogènes sur l’ensemble du territoire. Cette pratique, qui remonte au XIX? siècle, vise à faciliter la présentation et l’analyse des résultats électoraux pour les pouvoirs publics et les citoyens.
Le Conseil d’État rappelle qu’il ne lui appartient pas de porter une appréciation sur les programmes politiques ou les étiquettes partisanes des candidats. Son contrôle porte uniquement sur la légalité de la circulaire au regard de son objectif d’information du public. Une telle circulaire ne peut être annulée que si elle comporte une erreur manifeste d’appréciation.
Pour les élections municipales de 2026, la circulaire ministérielle prévoit un regroupement des nuances politiques en six blocs : extrême-gauche, gauche, divers, centre, droite et extrême-droite.
Le Conseil d’État estime que ce découpage du paysage politique et la répartition des différentes formations au sein de ces blocs ne sont pas entachés d’erreur manifeste d’appréciation.
Il considère également que, compte tenu de la situation politique et des alliances observées à l’occasion des élections municipales de 2026, le classement de La France insoumise dans le bloc « extrême-gauche » et celui de l’Union des Droites pour la République dans le bloc « extrême-droite » ne constitue pas une erreur manifeste.
La juridiction administrative confirme par ailleurs la légalité du choix du ministre de l’Intérieur de limiter l’attribution de ces nuances politiques aux communes de plus de 3 500 habitants ainsi qu’aux communes chefs-lieux d’arrondissement, quelle que soit leur population.
Ce seuil est appliqué lors des scrutins municipaux depuis 1982, à l’exception des élections de 2014 où il avait été abaissé à 1 000 habitants.
En conséquence, le Conseil d’État rejette l’ensemble des recours déposés contre la circulaire du 2 février 2026.
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