Zéro artificialisation nette, la jurisprudence affine progressivement les règles d’application

L’application du principe de zéro artificialisation nette continue de se préciser au fil des décisions du juge administratif. Une note publiée le 9 janvier par l’Institut de la Transition foncière revient sur la manière dont la jurisprudence est venue encadrer et clarifier la mise en œuvre du ZAN par les collectivités territoriales.

Cette analyse est signée par Camille Fromentin et Julia Franses, avocates en droit de l’environnement et de l’urbanisme. Elles rappellent que depuis l’inscription des objectifs de sobriété foncière dans la loi, et plus encore depuis l’adoption de la loi Climat et résilience en 2021, « leur application a été précisée par les décisions du juge administratif ».

La jurisprudence est notamment venue éclairer la notion d’artificialisation des sols. Le juge a confirmé que, pour la planification, « c’est l’artificialisation réelle qui compte ». Une parcelle classée en zone urbaine mais présentant encore des sols fonctionnels « n’est pas considérée comme artificialisée » pour la fixation des objectifs de lutte contre l’artificialisation. Il est également précisé que la comptabilisation de l’artificialisation passée doit « de préférence s’effectuer à partir des données disponibles sur le portail de l’artificialisation des sols de l’État ».

La définition de la renaturation a elle aussi été précisée. Un sol qui ne remplit pas l’ensemble de ses fonctions « n’est pas considéré comme renaturé ». La renaturation suppose une refonctionnalisation complète des sols, c’est-à-dire le rétablissement de leurs fonctions « biologique, hydrique, climatique et agronomique », telles que définies par le code de l’urbanisme. Un sol simplement désimperméabilisé ou partiellement restauré ne suffit donc pas à être comptabilisé comme renaturé.

S’agissant de l’application de l’objectif ZAN, la jurisprudence confirme qu’il s’impose dès à présent aux collectivités territoriales dans l’exercice de leur compétence de planification. Leurs documents d’urbanisme « doivent être compatibles avec l’atteinte d’une artificialisation nette à terme ». Le juge administratif contrôle ainsi déjà le respect de ce principe général, « avant même l’échéance d’intégration des objectifs chiffrés par périodes de dix ans » prévue par la loi.

La note souligne également les conséquences du calendrier législatif. Selon le communiqué, si la loi Climat et résilience prévoit une intégration progressive des objectifs chiffrés dans les documents régionaux, les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d’urbanisme, elle précise que « dès lors que le document régional est révisé pour intégrer cet objectif », les documents des échelons inférieurs doivent eux aussi intégrer le ZAN « dès leur première modification ou révision », sans attendre les dates butoirs prévues initialement.

À travers ces décisions, la jurisprudence apparaît ainsi comme un levier structurant de la mise en œuvre du zéro artificialisation nette, en apportant aux collectivités un cadre d’interprétation de plus en plus précis sur leurs obligations en matière de sobriété foncière.


0 COMMENTAIRE(S)

Aucun commentaire pour le moment

DÉCOUVREZ
NOS FORMULES

à partir de 3,00 € par mois

pour un accès intégral au site et à nos services

Cliquez ici pour créer votre compte

ACHETER
version PDF
4,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC
ACHETER
version PDF
20,00€ TTC



ACHETER
version PDF
Dernières infos en ligne

31.05.2026 | Ile de France

Mortalité routière, 3 515 décès en 2025 et un bilan qualifié de choc par le gouvernement


Lire
Réagir
31.05.2026 | Bon à savoir

Trafic de drogue, la douane française démantèle une route entre la Thaïlande, Marseille et Barcelone


Lire
Réagir
18.05.2026 | Bon à savoir

Harcèlement par conjoint, le retrait de l’autorité parentale peut être décidé sans demande de l’autre parent


Lire
Réagir
17.05.2026 | Ile de France

CPAM et dirigeant d’entreprise, une déclaration inexacte ne suffit pas toujours à prouver la fraude


Lire
Réagir
16.05.2026 | Bon à savoir

CPAM de la Gironde et capital décès des indépendants, le délai d’un mois ne ferme pas toujours la porte


Lire
Réagir
14.05.2026 | Paris (75)

Comuto Pro et Les Voyages Star et Capri Cars, le contrat de transport échappe au régime du contrat d’adhésion


Lire
Réagir
14.05.2026 | Ile de France

Apple, Ingram Micro et Tech Data, la distribution des produits Apple sanctionnée jusqu’en cassation


Lire
Réagir
14.05.2026 | Bon à savoir

CNAV et rachat de trimestres, le défaut d’information ne prolonge pas le délai de remboursement


Lire
Réagir
14.05.2026 | Ile de France

Isa, Mia et Manoushag, le contrat autour d’un joueur de football échappe à la qualification d’agent sportif


Lire
Réagir
14.05.2026 | Ile de France

CGH et W.R & S, un contrat de communication rompu avant son terme ne se paie pas automatiquement jusqu’au bout


Lire
Réagir
14.05.2026 | Bon à savoir

SMGPF et téléservice RECFishing, les moniteurs-guides de pêche renvoyés vers le Conseil d’État


Lire
Réagir
14.05.2026 | Ile de France

RATP et SIAAP, l'histoire de plus de cinq millions d’euros de redevances d’assainissement


Lire
Réagir
13.05.2026 | Bon à savoir

Jardel Services et URSSAF Midi-Pyrénées, la correction de cotisations ne bloque pas la mise en demeure


Lire
Réagir
13.05.2026 | Ile de France

Randstad, CFDT et CSE Sud Est, la sécurité des intérimaires revient dans le débat


Lire
Réagir
13.05.2026 | Bon à savoir

URSSAF Rhône-Alpes et VRP, une entreprise peut encore produire des pièces devant le juge


Lire
Réagir