L’Autorité de la concurrence a donné son feu vert à deux opérations de concentration d’ampleur, sans assortir sa décision de conditions. Il s’agit d’une part de la création d’une entreprise commune entre le groupe belge Greenyard et le groupe coopératif français Eureden, et d’autre part de la fusion des coopératives agricoles Terres du Sud et Vivadour.
La première opération, notifiée le 9 décembre 2025, porte sur la constitution d’une société commune réunissant certaines activités de production et de commercialisation de légumes surgelés et de plats cuisinés surgelés à base de légumes. Selon les informations communiquées, ce dossier a été examiné par l’Autorité française après une décision de la Commission européenne de lui en confier l’analyse. La seconde opération, notifiée le 16 décembre 2025, concerne la fusion de deux coopératives agricoles majeures du sud-ouest de la France.
Par deux décisions rendues simultanément, l’Autorité a estimé que ces projets ne présentaient « aucun risque de réduction des débouchés pour les agriculteurs » ni « de risque d’augmentation des prix pour les clients et les consommateurs français », selon le communiqué. L’institution souligne également que la rapidité de l’examen, mené en moins de six semaines, a été rendue possible « grâce à un dialogue constant entre les entreprises, leurs conseils et les services de l’Autorité dès la phase de pré-notification ».
S’agissant de l’entreprise commune entre Greenyard et Eureden, l’Autorité a analysé l’impact de ce nouvel acteur sur les marchés de l’approvisionnement en légumes frais, notamment en Bretagne, ainsi que sur ceux de la production et de la commercialisation de légumes surgelés et de plats préparés. Selon le communiqué, elle a conclu que « la position de l’entreprise commune restera limitée » et que les agriculteurs disposeront « d’alternatives actuelles ou potentielles suffisantes », en tenant compte de la présence d’acteurs concurrents et d’une dynamique interrégionale sur certaines productions.
L’Autorité a également vérifié que les sociétés mères resteraient concurrentes sur les autres marchés où elles sont présentes. Elle a ainsi écarté tout risque de coordination anticoncurrentielle, considérant que « les parts de marché très asymétriques des groupes rendent peu crédibles des incitations à se coordonner », selon l’analyse présentée.
Concernant la fusion de Terres du Sud et Vivadour, l’Autorité a examiné un large éventail de marchés agricoles, de la collecte de céréales à la commercialisation de produits d’agrofourniture, en passant par la filière volaille. Selon le communiqué, elle a conclu que « les agriculteurs du sud-ouest continueront à bénéficier d’alternatives suffisantes » et que la future entité ne sera pas en mesure « d’exercer une pression excessive sur les prix ou les conditions de collecte ».
Au terme de cet examen approfondi, l’Autorité de la concurrence affirme avoir adopté « une approche pragmatique visant à accompagner la création de valeur dans le secteur agricole, tout en protégeant les intérêts des consommateurs ». Elle a ainsi autorisé ces deux concentrations sans conditions, estimant que « tout risque d’atteinte à la concurrence pouvait être écarté », selon le communiqué.
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