Le gouvernement a présenté une stratégie d’électrification du réseau routier national à horizon 2035, avec un objectif de 30 000 points de recharge pour accompagner l’essor des véhicules électriques. Ce plan, dévoilé par le ministère des Transports après les annonces du 10 avril 2026, vise en priorité les trajets de moyenne et longue distance.
Un réseau routier stratégique pour la mobilité électrique
Le déploiement des infrastructures de recharge constitue une condition centrale au développement de la mobilité électrique. Si le réseau routier national ne représente que 2 % du linéaire total, soit environ 20 000 kilomètres d’autoroutes et de routes nationales, il concentre près d’un tiers du trafic et une grande part des déplacements longue distance.
Dans ce contexte, son équipement en bornes, notamment à haute puissance, apparaît déterminant pour sécuriser les usages, tant pour les particuliers que pour les professionnels du transport. La stratégie a été élaborée en concertation avec les directions interdépartementales des routes, les sociétés d’autoroutes, les gestionnaires de réseaux électriques, les opérateurs de recharge et les associations d’usagers.
Elle prévoit une montée en puissance progressive du réseau à différents horizons (2027, 2030 et 2035), ainsi qu’une anticipation des besoins d’adaptation des infrastructures électriques et des aires de repos.
Un déploiement massif pour les véhicules légers et les poids lourds
À horizon 2035, le plan prévoit environ 22 000 points de recharge rapide pour les véhicules légers, répartis sur près de 900 aires de repos et de service. Ces bornes, d’une puissance de 150 kW, permettront des recharges en 20 à 25 minutes. Le parc serait ainsi multiplié par cinq en dix ans, avec un rythme de déploiement quasiment doublé par rapport aux cinq dernières années.
En parallèle, environ 8 000 points de recharge seront dédiés aux poids lourds, sur près de 560 aires. Ces équipements combineront des bornes rapides de 400 kW, permettant une recharge en environ 45 minutes, et des bornes ultra-rapides de plus de 800 kW, capables de réduire ce temps à environ 20 minutes. Des solutions adaptées aux stationnements de longue durée, autour de 100 kW, seront également proposées.
Le choix des aires d’implantation repose sur une logique de maillage des principaux itinéraires longue distance, en privilégiant les zones les plus fréquentées. La puissance électrique disponible sur les aires d’autoroutes devrait atteindre environ 2,8 gigawatts pour les véhicules légers et 1,6 gigawatt pour les poids lourds.
Le développement d’un réseau de recharge pour les poids lourds constitue une étape importante pour la décarbonation du transport routier de marchandises, qui représente 90 % du fret en France.
Une exigence renforcée en matière de qualité de service
Au-delà du volume d’équipements, la stratégie intègre des exigences en matière de qualité de service. Les stations devront garantir l’interopérabilité des systèmes, tant pour les branchements que pour les modalités de paiement. L’affichage du tarif au kilowattheure sera généralisé, et le paiement par carte bancaire devra être possible.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, indique que « le plein essor du véhicule électrique passe par un réseau de recharge dimensionné à la hauteur des enjeux », soulignant que le plan prévoit de multiplier par cinq le nombre de points de recharge sur les autoroutes et routes nationales d’ici 2035. Il ajoute que cette stratégie « ouvre une nouvelle ère » avec le déploiement d’infrastructures dédiées aux poids lourds.
Une montée en puissance amorcée depuis 2021
Cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans la continuité des efforts engagés ces dernières années. Le réseau routier national comptait seulement quelques centaines de points de charge en 2021. Il en compte aujourd’hui environ 4 500, répartis sur plus de 420 aires, auxquels s’ajoutent près de 7 500 points de charge rapide situés à proximité des grands axes non concédés.
Ce niveau d’équipement a permis de répondre aux besoins, y compris lors des périodes de forte affluence, notamment à l’été 2025. Toutefois, la progression rapide du parc de véhicules électriques impose un changement d’échelle.
Depuis 2022, les consommations d’électricité liées à la recharge sur le réseau routier national ont doublé chaque année. Dans ce contexte, l’objectif fixé par le Premier ministre, visant deux voitures neuves sur trois électriques d’ici 2030, renforce la nécessité d’accélérer le déploiement des infrastructures.
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