Avec ses centaines de milliers de maisons individuelles, la Métropole du Grand Paris abrite un patrimoine paysager souvent méconnu. « 416 500 pavillons accueillent aujourd’hui 1,16 million d’habitants », faisant du territoire « la plus grande ville pavillonnaire de France ». À l’échelle métropolitaine, cette constellation de jardins privés constitue une véritable ceinture verte, dont le potentiel écologique et climatique est désormais au cœur d’une étude dédiée.
Réalisée avec l’agence Michel Desvigne Paysagiste et Urban-Eco, cette réflexion propose de transformer « une mosaïque de jardins » en un « parc pavillonnaire du Grand Paris », selon les termes du communiqué. Les jardins pavillonnaires couvrent « 10 700 hectares », soit « l’équivalent de cinq fois le Bois de Vincennes », répartis dans une grande diversité de situations géographiques, de sols et de formes urbaines. Au-delà des chiffres, ces espaces se distinguent aussi par « la variété des usages, du rapport à l’habitat et du taux de végétation », selon la même source.
L’enjeu, tel qu’il est présenté, n’est pas d’uniformiser ces jardins mais de « préserver leurs qualités propres tout en inventant des liens entre eux », afin de créer des continuités écologiques et paysagères. Cette approche permettrait de renforcer la trame verte et bleue du Grand Paris, en complément des parcs et jardins publics existants, et de mieux répondre aux effets du changement climatique.
L’étude avance l’hypothèse d’une évolution progressive des pratiques d’aménagement. Il s’agirait notamment de favoriser « la fraîcheur, l’ombrage, la biodiversité et la présence de la petite faune urbaine », selon le communiqué. Cela passerait par la « sanctuarisation et l’extension des surfaces perméables », l’augmentation du couvert arboré, une meilleure infiltration des eaux pluviales et une plus grande porosité des limites parcellaires.
Cette transformation suppose aussi l’adhésion des habitants. Le communiqué souligne la nécessité de « sensibiliser et convaincre » pour encourager des pratiques déjà existantes ou en développer de nouvelles, comme « planter davantage d’arbres, y compris en limite de parcelle ». Cette spécificité du Grand Paris pourrait, à terme, être intégrée aux documents d’urbanisme afin de « donner une portée réglementaire » à ces orientations.
À travers cette vision, le pavillonnaire n’est plus seulement perçu comme un tissu résidentiel diffus, mais comme un levier stratégique pour renforcer la résilience écologique et climatique du Grand Paris, en mobilisant un patrimoine vert déjà présent au cœur des territoires habités.
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