Une étude menée par Planeta Formación y Universidades, en partenariat avec l’institut GAD3, met en évidence des différences d’usage et de perception de l’intelligence artificielle en entreprise entre la France, l’Espagne, l’Italie et la Colombie. Le rapport compare les pratiques professionnelles dans ces quatre pays, dans un contexte de transformation numérique des organisations.
L’étude souligne que la France se distingue par une approche plus institutionnalisée de la formation à l’intelligence artificielle. Une part importante des professionnels français indique avoir été formée par leur entreprise, contrairement à d’autres pays où l’autoformation est plus fréquente.
Ainsi, 54 % des salariés français déclarent préférer suivre une formation organisée par leur employeur. À titre de comparaison, en Colombie, 61 % des répondants privilégient une formation autonome.
Cependant, l’accès à la formation reste inégal selon le niveau hiérarchique. En France, 46 % des cadres déclarent avoir été formés à l’IA, contre seulement 13 % des employés. À l’inverse, 87 % des employés affirment ne jamais avoir bénéficié d’une formation sur ce sujet.
« Cette situation traduit un déploiement encore inégal et fragmenté des compétences numériques au sein du tissu économique », analyse Patricia Abad, directrice de la recherche de GAD3.
Malgré une progression des usages, les connaissances restent limitées. En France, 32 % des professionnels estiment disposer d’une bonne ou très bonne maîtrise des outils d’intelligence artificielle appliqués au travail, contre 46 % en Italie.
L’étude met également en évidence une adoption plus prudente de l’IA en France par rapport aux autres pays étudiés. Près de la moitié des professionnels français (47 %) considèrent ne pas avoir besoin d’utiliser ces technologies dans leurs tâches quotidiennes.
À l’inverse, l’usage est plus répandu en Colombie, où 69 % des travailleurs déclarent utiliser l’intelligence artificielle dans leur activité. En Espagne et en Italie, une part significative des répondants considère l’IA comme utile, même sans l’utiliser encore.
Le principal frein identifié dans les quatre pays reste le manque de perception de l’utilité de l’IA dans les missions quotidiennes. En France, 54 % des salariés déclarent ne pas en avoir besoin.
« Ce résultat traduit une vision encore très pragmatique et souvent à court terme de l’intelligence artificielle, dont les applications concrètes dans le travail quotidien restent parfois mal identifiées », souligne Patricia Abad.
Au sein des entreprises, le manque de compétences techniques constitue le principal obstacle au déploiement de l’IA dans les quatre pays étudiés. En revanche, les freins secondaires diffèrent.
En Espagne et en Italie, les entreprises évoquent davantage les enjeux éthiques et les questions de responsabilité. En France et en Colombie, les préoccupations sont davantage liées aux coûts. En France, 31 % des répondants identifient le prix des solutions d’IA comme un frein majeur.
« Pour une petite organisation, devoir investir dans ce type d’outils peut rapidement devenir un obstacle, malgré leurs avantages potentiels. Trouver un équilibre entre innovation et contraintes financières reste un enjeu clé », précise Patricia Abad.
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