Lieu mythique de la nuit parisienne, le Bus Palladium s’apprête à rouvrir ses portes après plusieurs années de silence. Né en 1965 au cœur de Pigalle, ce club est resté pendant près de six décennies un symbole de liberté, de mélange social et d’effervescence artistique. Il a vu défiler artistes internationaux, figures de la contre-culture et noctambules de tous horizons, “ouvriers, bourgeois, dandys, musiciens, mannequins, écrivains”, réunis sur un même dancefloor, selon le communiqué.
Le Bus Palladium s’est imposé comme un phénomène culturel à part entière, fréquenté par Salvador Dalí, Serge Gainsbourg, Mick Jagger ou encore les Beatles, et marqué par des concerts et des enregistrements devenus légendaires. Après l’annonce de sa fermeture en 2022, le manque s’est fait sentir, celui d’un lieu “à part, où le temps semblait suspendu”, selon le communiqué. Aujourd’hui, le projet de renaissance ambitionne de redonner vie à cette énergie brute, joyeuse et insolente qui a forgé son identité.
À l’origine de ce renouveau, la rencontre entre Christian Casmèze, propriétaire historique du lieu, et Nicolas Saltiel, fondateur de Chapitre Six. Le premier porte la mémoire du site, “les anecdotes, l’esprit des années 80 et l’ambiance unique que rien n’égalait”, selon le communiqué. Le second apporte une vision contemporaine, celle “d’un lieu de création et de rencontres, pensé comme une scène de théâtre où l’on ne s’ennuie jamais”. De cette complicité est née l’ambition commune de faire renaître Bus Palladium sans en trahir l’âme.
Pour donner corps à cette transformation, le projet architectural a été confié à Studio KO, fondé par Karl Fournier et Olivier Marty. Leur approche vise à faire dialoguer mémoire et modernité, “brutalité et douceur, rock et hédonisme”, selon le communiqué. Le bâtiment revendique une forme de brutalisme habité, où le béton brut rencontre le velours, et où la modernité se teinte d’un glamour inattendu. La salle historique du sous-sol renaît comme une mémoire vivante, intégrée dans une architecture pensée comme un récit, presque cinématographique.
La dimension sensorielle et musicale du nouveau Bus Palladium a été confiée à Caroline de Maigret, figure de Pigalle et productrice musicale. Elle signe une direction artistique globale, imaginant “une grammaire sensorielle complète”, avec des playlists adaptées à chaque espace, une signature olfactive ambrée et boisée, et des uniformes inspirés du rock britannique et de la Nouvelle Vague, selon le communiqué. Son objectif est de préserver la générosité du Bus originel tout en lui insufflant une élégance contemporaine.
La renaissance nocturne du lieu s’appuie enfin sur l’expertise de Lionel Bensemoun, figure majeure de la nuit parisienne. Sous sa direction, la salle retrouve sa vocation de scène centrale, accueillant concerts, DJ sets, performances et aftershows. Repensée pour 200 personnes, dotée “du meilleur son de Paris et d’une lumière sculptée”, la salle entend redevenir un espace ouvert et fédérateur, fidèle à l’esprit des grandes années du Bus Palladium, selon la déclaration du projet.
Plus qu’une réouverture, le Bus Palladium revendique ainsi un manifeste. Celui d’un lieu capable de transformer son héritage en promesse, et de réinventer, au cœur de Pigalle, une scène nocturne où se croisent les générations, les styles et les énergies.
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