La lutte contre l’insécurité routière liée à la consommation de protoxyde d’azote franchit une nouvelle étape avec l’arrivée d’un outil inédit. Olythe, entreprise française spécialisée dans la détection de gaz dans l’air expiré, présente un dispositif destiné aux forces de l’ordre capable d’identifier immédiatement la présence de gaz hilarant chez un conducteur, “selon les informations communiquées par l’entreprise”.
Fonctionnant sur le principe d’un éthylotest, ce détecteur baptisé OCIN?O permet de repérer le protoxyde d’azote dans l’air expiré, une avancée technologique alors que l’usage détourné de cette substance progresse fortement en France. Entre 2020 et 2023, les incidents graves liés à cette consommation ont été multipliés par 3,8, “selon les données de l’ANSM”, illustrant une dérive de plus en plus préoccupante, en particulier chez les jeunes.
Certaines collectivités ont déjà réagi. À Lille, où l’usage du gaz hilarant est interdit depuis mai 2025, près de 300 contraventions ont été dressées en moins de trois mois, “selon les chiffres avancés dans le communiqué”. Mais le phénomène dépasse le cadre local. Une enquête IPSOS réalisée en juin 2025 indique que “10 % des moins de 35 ans ont déjà consommé du protoxyde d’azote lors de soirées entre amis” et que “la moitié d’entre eux l’ont utilisé au volant”, tandis que “6 % des moins de 25 ans déclarent en avoir pris juste avant de conduire”.
Derrière son image festive, le protoxyde d’azote présente pourtant des risques sérieux. À court terme, il provoque vertiges, pertes de conscience et altération des réflexes, des effets incompatibles avec la conduite, et à long terme, il peut entraîner des troubles neurologiques et cardiaques, “selon les rappels effectués par Olythe”. Malgré cela, son encadrement juridique reste limité. Si une loi de janvier 2025 a restreint sa vente aux professionnels, aucune sanction spécifique n’existe encore pour sa consommation au volant, contrairement à l’alcool ou aux stupéfiants.
Dans ce contexte réglementaire incertain, la question de la détection constitue un enjeu central. “En Suisse, il est possible de confirmer la consommation de protoxyde d’azote via une prise de sang, mais la fenêtre d’analyse est trop étroite pour être fiable”, explique Guillaume Nesa, fondateur d’Olythe, “selon sa déclaration”. Il souligne qu’“avec OCIN?O, la détection est instantanée, pratique et mobile, pour une prévention efficace”.
Basé sur une technologie infrarouge non dispersive éprouvée, le dispositif est capable de mesurer le N?O à très faibles concentrations et jusqu’à cinq heures après inhalation, “selon le communiqué”. Compact et simple d’utilisation, il offre aux forces de l’ordre un moyen opérationnel inédit de contrôle immédiat sur le bord des routes.
Déjà testé en Belgique et au Danemark, l’outil a suscité des retours positifs sur le terrain. Produit à Aix-en-Provence, il vient d’entrer en phase de production industrielle. “Nous avons déjà collaboré avec les forces de l’ordre et les retours sont positifs. Nous espérons qu’en France, la loi se renforcera pour nous permettre de contribuer à améliorer la sécurité routière”, affirme Guillaume Nesa, “selon la déclaration du fondateur”, alors que les accidents liés à l’usage de cette substance continuent de susciter l’inquiétude des autorités.
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