Un nouveau service de prévention et de santé au travail interentreprises voit le jour en Île-de-France. Baptisé Sano, il s’inscrit dans un contexte de transformation des conditions de travail et ambitionne de proposer une organisation plus accessible et centrée sur la prévention.
Télétravail, sédentarité accrue, vieillissement de la population active, progression des troubles psychiques et des maladies chroniques : les facteurs de risques évoluent rapidement. Dans ce paysage en mutation, la médecine du travail fait l’objet de critiques récurrentes, notamment sur la complexité des démarches, la pénurie de médecins du travail et le décalage perçu entre les dispositifs existants et les réalités du terrain.
La création de Sano intervient dans ce contexte. Il s’agit du premier nouveau service interentreprises de ce type en Île-de-France depuis plusieurs décennies. L’objectif affiché est de repositionner la prévention comme un outil opérationnel au service des entreprises et des salariés, au-delà de la seule obligation réglementaire.
Le modèle présenté repose sur une organisation médicale articulée autour du travail en équipe et de la délégation entre professionnels de santé, afin d’optimiser le temps médical disponible.
Quatre axes structurent le dispositif :
une coordination renforcée entre les différents professionnels intervenant en santé au travail ;
des outils numériques et administratifs conçus pour simplifier les démarches et améliorer le suivi ;
une présence accrue dans les entreprises, notamment dans les structures en croissance rapide ou confrontées à des réorganisations ;
une approche de prévention adaptée aux spécificités des entreprises et des salariés, intégrant notamment la santé mentale, la santé des femmes et la prévention des maladies chroniques.
Cette organisation vise à renforcer la dimension proactive de la prévention, en intervenant en amont des situations de désinsertion professionnelle ou de dégradation de la santé.
La prévention en santé au travail est présentée comme un levier de réduction de l’absentéisme, de maintien dans l’emploi et d’amélioration du climat social. Elle joue également un rôle dans la continuité des parcours professionnels, en particulier face à l’augmentation des pathologies chroniques et des troubles psychosociaux.
Dans le modèle français, les services de santé au travail occupent une position particulière, à l’interface entre employeurs, salariés et représentants du personnel. En tant que tiers indépendant, ils participent au dialogue social et à l’analyse des situations à risque.
Selon Jonathan Ardouin, à l’origine du projet, l’objectif est de « redonner à la médecine du travail une dimension de prévention efficace, ancrée dans les réalités du terrain ». Le déploiement de Sano en Île-de-France marque ainsi une tentative de modernisation d’un dispositif central dans l’organisation du travail, dans un contexte de tensions accrues sur la santé des actifs.
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