Engagée à la fois dans des missions de souveraineté et dans des actions relevant de l’État en mer, la Marine nationale occupe une place centrale dans la sécurité maritime au large de l’Afrique, mais aussi en Méditerranée et en mer Rouge. Cette spécificité du modèle français lui permet d’intervenir sur un large éventail de menaces, “allant de la piraterie et de la pêche illicite aux trafics de stupéfiants”.
Si la piraterie a globalement reculé depuis les années 2010, les risques se sont déplacés. Désormais, “les menaces évoluent et se concentrent sur la pêche illicite et les trafics”, selon les constats relayés. Dans ce contexte, l’efficacité de l’action française repose sur “le renforcement des coopérations juridiques et opérationnelles”, indispensables pour mener des contrôles en mer et assurer la poursuite des infractions constatées.
Présente depuis plus de trente ans dans le golfe de Guinée à travers l’opération Corymbe, la Marine nationale agit “en appui des États riverains, désormais structurés autour de l’architecture régionale de Yaoundé”, selon le communiqué. Malgré cette organisation, “les capacités des pays côtiers demeurent limitées”, ce qui appelle, selon l’analyse présentée, à “consolider les coopérations” et à soutenir durablement les marines partenaires, notamment par la formation et le maintien en condition opérationnelle.
Dans le nord de l’océan Indien et en mer Rouge, la Marine nationale est engagée simultanément dans des opérations européennes et au sein d’une coalition internationale. “Si l’opération Aspides a réduit les atteintes à la liberté de navigation, la dispersion des moyens limite leur emploi optimal”, selon le communiqué. La concentration des efforts en mer Rouge s’est par ailleurs accompagnée “d’un regain de la piraterie au large de la Somalie”, mettant en évidence la nécessité d’une meilleure articulation, voire d’un regroupement des opérations européennes, et d’une adaptation des capacités face à une conflictualité asymétrique durable.
En Méditerranée centrale, la participation française à l’opération Irini apporte “un bénéfice en matière de renseignement, malgré des moyens limités et une coopération inégale des États du pavillon”, selon les éléments communiqués. Plus largement, l’ensemble de ces opérations navales s’inscrit dans un contexte de “tensions croissantes sur les moyens, marqué par une hausse des surcoûts de fonctionnement”. Face à ces contraintes, la nécessité de disposer “d’une analyse des coûts complets afin d’éclairer les arbitrages futurs” apparaît comme un enjeu central pour ajuster, le cas échéant, les dispositifs de déploiement.
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