La fonction managériale traverse une phase de remise en question profonde. Longtemps perçue comme une étape naturelle et valorisante dans un parcours professionnel, elle attire aujourd’hui moins qu’auparavant, notamment chez les jeunes actifs et les cadres expérimentés.
Les chiffres traduisent cette évolution. “Selon une enquête Ipsos, seuls 52 % des jeunes actifs envisagent aujourd’hui d’accéder à un poste de manager”, est-il indiqué. Cette désaffection ne se limite pas aux débuts de carrière. “La dernière étude de l’APEC confirme que l’attractivité du management recule chez les cadres”, selon le communiqué, avec une baisse continue des aspirations managériales. Entre 2022 et 2025, “la proportion de cadres non-managers souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % à 34 %”, soit un recul de huit points.
Pour mieux comprendre ce désengagement, le cabinet Michael Page a mené une enquête intitulée “Être manager en 2026”. Cette étude s’est penchée sur “l’état d’esprit des managers, les défis auxquels ils font face au quotidien et leurs attentes vis-à-vis de leur employeur”, selon le communiqué.
Les résultats mettent en lumière un sentiment d’isolement largement partagé. “Un manager sur deux estime ne pas être suffisamment accompagné dans l’exercice de ses responsabilités”, notamment pour “gérer des conflits au sein de leur équipe”, “accompagner un collaborateur en difficulté personnelle ou professionnelle” ou encore “favoriser les temps d’échange et de dialogue”, selon les données de l’étude.
Au-delà du constat, les attentes exprimées sont claires. Les managers disent avoir besoin “de davantage de temps à consacrer aux enjeux de management”, “de moyens financiers supplémentaires pour reconnaître et valoriser la performance” et “d’un accompagnement RH renforcé, mieux adapté aux réalités du terrain”, selon le communiqué.
Ces résultats traduisent une transformation du rôle managérial, de plus en plus complexe et exposée. “Ces résultats rappellent une réalité souvent sous-estimée : le manager n’est pas un opérationnel comme les autres”, souligne Anne-Laure Cordier, selon sa déclaration. Elle ajoute que les managers font face à “une pression accrue, devant concilier des objectifs de performance élevés avec des attentes renforcées en matière d’agilité, d’engagement et de soutien aux équipes”.
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de susciter des vocations, mais de redonner au management les moyens d’exercer pleinement son rôle. Faute de temps, de ressources et de soutien adaptés, le désintérêt observé pourrait durablement fragiliser l’encadrement des organisations, selon les enseignements de l’étude.
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