Pilier des politiques sociales contemporaines, le salaire minimum s’est imposé progressivement comme un outil central de protection des travailleurs. Défini comme “la plus faible rémunération que les employeurs sont légalement obligés de verser à leurs salariés”, il est le fruit d’une longue évolution économique, sociale et juridique, marquée par des ruptures majeures et des compromis politiques successifs.
Avant son inscription dans la loi, le travail salarié évoluait dans “un cadre non légal”. Dans les économies préindustrielles, entre le XVI? et le XVIII? siècle, “les salaires ne sont pas encadrés par la loi” et dépendent essentiellement de “coutumes corporatives locales et de facteurs multiples”, générant de fortes inégalités selon les régions et les secteurs, selon les éléments rappelés.
La période comprise entre 1848 et 1938 marque les premières tentatives de régulation. L’interdiction du marchandage de main-d’œuvre en 1848 constitue un premier jalon, suivie par les “décrets Millerand imposant un salaire normal dans les marchés publics” en 1899. En 1915, un premier salaire minimum sectoriel est instauré pour les travailleurs à domicile du textile, avant que “la généralisation des conventions collectives avec salaires minima par région et qualification” n’intervienne en 1936, selon le communiqué.
L’après-guerre ouvre une nouvelle phase d’institutionnalisation. Dès 1941 apparaît la notion de “salaire minimum vital”. En 1950, la création du SMIG et du SMAG marque une avancée décisive, complétée par “l’indexation du SMIG sur les prix” en 1952. L’alignement entre SMIG et SMAG en 1968 parachève cette étape fondatrice, selon les informations communiquées.
La création du SMIC en 1970 constitue un tournant majeur. Indexé “sur les prix et les salaires français”, il est mensualisé en 1973. Cette dynamique dépasse rapidement les frontières nationales. Le Royaume-Uni instaure un National Minimum Wage en 1999, suivi par l’Allemagne en 2015 avec l’introduction de son propre salaire minimum, selon le texte.
Depuis 2016, la diffusion du salaire minimum s’accélère à l’échelle internationale. “62 pays disposent d’un salaire minimum” cette année-là, puis “26 pays de l’OCDE en sont dotés” en 2017. En 2019, la Commission européenne s’engage en faveur d’“un salaire minimum équitable”, illustrant l’inscription durable de cet outil dans les cadres sociaux européens, selon le communiqué.
L’histoire du salaire minimum témoigne ainsi d’une lente construction collective, reflet de l’évolution des rapports au travail et des choix de société, et continue de nourrir les débats contemporains sur le partage de la valeur et la justice sociale.
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