En mars prochain, Sotheby’s consacrera une vente exceptionnelle à Jean-Marie Rossi, figure majeure des antiquaires parisiens, en réunissant pour la première fois des œuvres issues de la galerie Aveline, place Beauvau, et de sa collection personnelle conservée dans sa résidence de Rueil-Malmaison. Cette vente entend retracer « une vie de découvertes et de rencontres artistiques », du mobilier du XVIII? siècle à l’art moderne et contemporain.
Pensée comme une véritable rétrospective, la sélection met en lumière « les plus grands meubles, tableaux et objets qui ont jalonné une carrière singulière », selon les organisateurs. Fidèle à l’esprit de Jean-Marie Rossi, l’ensemble célèbre « le dialogue entre les époques, les styles et les disciplines », porté par « une audace unanimement reconnue » et une exigence de qualité constante.
Quatre ans après sa disparition, cette vente dépasse le simple cadre du marché de l’art. Selon la présentation, elle « célèbre une personnalité hors norme, à la fois l’homme, l’antiquaire et le collectionneur », et rappelle « la place essentielle qu’il aura occupée pendant plus de soixante ans dans la vie culturelle et artistique française », contribuant au rayonnement de Paris comme capitale mondiale de l’art.
Le parcours proposé fait dialoguer chefs-d’œuvre du mobilier français du XVIII? siècle, attribués notamment à Bernard Van Riesen Burgh, Mathieu Criaerd ou Philippe Claude Montigny, avec des œuvres modernes et contemporaines de Jean Fautrier, Paul Jouve ou Carlo Bugatti. Un ensemble de neuf toiles de Fautrier donne le ton, illustrant, selon le communiqué, « l’audace dont faisait preuve Jean-Marie Rossi dans ses acquisitions », à l’image d’Otage n°19 ou d’Up and down, œuvre de 1959 où l’artiste « s’insurge littéralement contre la forme », selon les mots rapportés de Pierre Restany.
Parmi les lots marquants figure également une œuvre préparatoire monumentale de Paul Jouve, Éléphants sacrés de Madura, réalisée vers 1926. Selon le communiqué, cette pièce « éblouissait par sa taille » dans le salon verrière de la résidence de Rueil-Malmaison, où Jean-Marie Rossi recevait régulièrement artistes, collectionneurs et personnalités du monde culturel.
Le mobilier d’exception occupe une place centrale, avec notamment « une commode romaine à placage japonisant livrée à la princesse Ottavia Odescalchi », « une commode et une paire d’encoignures en laque d’époque Louis XV par Criaerd » ou encore « un bureau plat d’époque Régence attribué à Noël Gérard provenant de la collection Hubert de Givenchy ». Ces pièces dialoguent avec des créations plus contemporaines, telle « une table de Carlo Bugatti réalisée entre 1908 et 1911 », illustrant la singularité de son univers.
La mise en scène de la vente a été confiée à François-Joseph Graf. Selon le communiqué, il a conçu « un accrochage libre et savant », fidèle à la manière dont Jean-Marie Rossi aimait faire cohabiter les contrastes avec une harmonie évidente.
Enfin, cette vente s’accompagnera de la publication de l’ouvrage Brèves Rencontres. 65 ans de découvertes de Jean-Marie Rossi pour la galerie Aveline. Selon les organisateurs, ce livre « met en lumière les meubles et objets majeurs ayant jalonné la carrière » de celui qui fut, le jour antiquaire, et le soir, selon le communiqué, « un conseiller visionnaire et un collectionneur passionné ».
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