La France franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa souveraineté spatiale. Thales Alenia Space a été retenue par le Centre national d’études spatiales et la Direction générale de l’armement pour piloter des éléments clés de la mission d’imagerie radar DESIR. L'entreprise a été « notifiée par le CNES, en partenariat avec la DGA, du contrat DESIR portant sur le développement et la réalisation de la charge utile radar et du segment sol utilisateur associé ».
Porté par Thales Alenia Space, en lien avec Centre national d’études spatiales et la Direction générale de l’armement, le programme DESIR vise, selon les éléments communiqués, à « développer les technologies d’une capacité française souveraine d’imagerie radar spatiale », complémentaire des accords internationaux existants. L’enjeu est stratégique pour les armées, cette technologie étant qualifiée de « critique au service de l’autonomie stratégique française ».
L’imagerie radar à synthèse d’ouverture permettra, selon le communiqué, « une observation de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques », venant compléter les capacités optiques déjà utilisées pour le renseignement et la surveillance. Au-delà des usages militaires, ces technologies répondent également à « des usages duaux essentiels », notamment la surveillance de l’environnement, la gestion des crises ou la surveillance maritime.
Pour mener à bien cette mission, Thales Alenia Space s’appuiera sur ses compétences françaises en instruments spatiaux et en segments sol d’observation. Selon le communiqué, « la filière altimétrique contribuera au développement du radar imageur », tandis que le segment sol utilisateur bénéficiera d’une expertise déjà éprouvée sur des programmes d’exportation.
Le programme repose sur un consortium associant Thales Alenia Space en France, Loft Orbital et TEKEVER France, complété par des PME françaises. Selon la présentation officielle, Loft Orbital, mandataire du consortium, sera « responsable du satellite et du segment sol de contrôle », tandis que Thales Alenia Space assurera « la charge utile et le segment sol utilisateur », en étroite collaboration avec TEKEVER France, en charge de « l’antenne active intégrée dans l’imageur ». Cette organisation doit garantir, selon le communiqué, « la maîtrise des briques critiques et la propriété intellectuelle demeurant sur le territoire national ».
La mise en service du démonstrateur est prévue début 2029, suivie de deux années d’exploitation, afin de permettre à l’État « d’évaluer ce modèle innovant pour la satisfaction de ses besoins capacitaires régaliens ». Le programme s’inscrit dans la continuité des actions menées par la DGA et le CNES en faveur d’« un secteur spatial de défense plus agile », notamment dans le cadre du pacte Espace et du Cercle de Confiance Espace.
Pour Hervé Derrey, président-directeur général de Thales Alenia Space, « nous sommes ravis de travailler de concert avec Loft Orbital et TEKEVER France dans le cadre du programme DESIR, une mission au service de la souveraineté spatiale de la France en matière d’imagerie radar », selon sa déclaration. Il souligne également que ce programme permettra à l’entreprise de « capitaliser sur son expertise relative à la réalisation d’altimètres radar et de segments sol d’observation pour adresser ce programme d’exception ».
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