L’affaire prend un tour judiciaire. L’ONG foodwatch annonce vouloir déposer plainte contre X après les rappels successifs de laits infantiles, d’abord chez Nestlé, puis chez Lactalis. En toile de fond, une contamination potentielle à la céréulide, une toxine associée à certaines bactéries, et une même piste d’approvisionnement autour d’un ingrédient utilisé pour enrichir les formules.
Dans son communiqué, l’association explique que « foodwatch annonce ce 21 janvier 2026 qu’elle va déposer plainte contre X dans l’affaire des laits infantiles rappelés par Nestlé et désormais Lactalis en France », affirmant que « des dizaines de pays, d’usines Nestlé et donc des millions de nourrissons dans le monde sont concernés ».
Lactalis, via sa branche nutrition, a pour sa part confirmé un rappel international portant sur six lots de lait infantile de marque Picot, distribués notamment en pharmacies et grandes surfaces, et commercialisés dans 18 pays. L’entreprise évoque la présence de céréulide dans un ingrédient provenant d’un fournisseur, la toxine pouvant provoquer des troubles digestifs, selon une communication reprise par l'agence Reuters.
foodwatch, elle, dénonce une gestion jugée trop opaque côté Nestlé, parlant de rappels progressifs et de retraits discrets. L’ONG écrit qu’« il y a un manque criant de transparence de Nestlé qui a effectué les rappels au compte-goutte depuis décembre et même des retraits silencieux dans certains pays sans informer les consommateurs ».
Sur le point de départ, l’association foodwatch affirme que « cela fait près de deux mois que l’information sur la contamination par la toxine céréulide a été partagée au niveau européen, grâce à une notification des autorités italiennes ».
Autre élément mis en avant, l’origine de la matière première. Selon le communiqué reçu par le Mémento, foodwatch indique avoir obtenu la confirmation que « le fournisseur de l’acide arachidonique incriminé est basé en Chine », tout en rappelant que « cela ne dédouane en aucun cas les géants comme Nestlé et Lactalis de s’assurer de la sécurité sanitaire de leurs produits » et du respect des obligations européennes de traçabilité et d’information.
Nestlé assure avoir lancé un rappel volontaire et préventif après l’identification d’un incident qualité lié à un ingrédient, une huile riche en ARA issue d’un fournisseur, et insiste sur une démarche de précaution même lorsque la quantité détectée est faible, selon sa communication en France. De son côté, Lactalis met en avant un rappel volontaire ciblé sur six lots, déclenché après une alerte sectorielle sur un ingrédient omega 6 ARA provenant d’un fournisseur international, selon les éléments rapportés par Reuters.
Reste, pour les familles, une question simple qui résiste aux communiqués, qui savait quoi, quand, et pourquoi l’information n’a pas circulé plus vite et plus clairement. C’est précisément ce que foodwatch dit vouloir obtenir en justice, estimant que « les informations se succèdent mais les réponses manquent cruellement », selon foodwatch.
Mémento
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)