La croissance économique est souvent abordée sous l’angle de la fiscalité, de la dette ou de l’innovation technologique. Pourtant, un facteur fondamental demeure sous-estimé, celui de l’éducation. Selon le communiqué, « les gains de productivité qui soutiennent la croissance de long terme prennent racine dès l’école », là où se construisent les compétences essentielles en lecture, mathématiques et raisonnement scientifique. Ces acquis conditionnent la capacité des futurs actifs à apprendre tout au long de leur vie, à intégrer les nouvelles technologies, à innover et à organiser plus efficacement le travail.
Selon l’analyse développée, une économie peut investir massivement dans l’intelligence artificielle ou la transition écologique, mais « sans une main-d’œuvre suffisamment formée, ces investissements risquent d’être moins productifs que prévu ». Cette réalité, rappelle le texte, dépasse largement le cadre scolaire pour devenir un enjeu économique majeur.
Selon ce qui est rappelé dans le communiqué, « le décrochage économique européen s’explique d’abord par l’affaiblissement durable de la productivité », un phénomène qui débute bien avant l’entrée sur le marché du travail. Des données issues de la direction générale du Trésor montrent qu’entre 1971 et 2018, « les trois quarts des gains de productivité en France proviennent du développement du capital humain », porté par la généralisation de la scolarisation, la hausse du niveau de diplôme et l’accès à l’enseignement supérieur.
À l’inverse, la stagnation puis la baisse du niveau scolaire observées depuis le début des années 2000, mises en évidence par les enquêtes internationales, se sont accompagnées d’un net ralentissement des gains de productivité. Selon le communiqué, ceux-ci sont passés « de plus de 4 % par an dans les années 1970 à moins de 1 % aujourd’hui ». Un paradoxe se dessine alors que jamais le pays n’a compté autant de diplômés du supérieur pour des résultats économiques jugés insuffisants, ce qui renvoie moins au nombre de diplômes qu’aux compétences réellement acquises, notamment avant le baccalauréat.
Selon les estimations évoquées, « si la France retrouvait simplement le niveau moyen des pays développés en mathématiques, sciences et compréhension de l’écrit, elle pourrait regagner jusqu’à 2,7 points de productivité à moyen terme ». Le communiqué souligne toutefois que le niveau moyen reste pénalisé par de fortes inégalités scolaires, avec « un écart de performance de 113 points entre élèves favorisés et défavorisés », contre 93 points en moyenne dans les pays comparables.
Dans ce contexte, l’éducation apparaît, selon la déclaration de la directrice générale de la Fondation AlphaOmega, non comme une dépense mais comme « l’un des investissements publics les plus rentables pour l’économie », à condition qu’il soit ciblé et efficace. La fondation défend une approche fondée sur des interventions précoces et complémentaires de l’école, portées par des acteurs éducatifs dont « l’efficacité et l’impact sont prouvés ».
À l’heure des contraintes budgétaires, le communiqué met en garde contre la tentation de faire de l’éducation, et plus largement de l’écosystème associatif éducatif, « une variable d’ajustement ». Une telle stratégie serait, selon cette analyse, « une erreur stratégique majeure ». S’il est possible d’arbitrer certaines dépenses publiques, « on ne peut pas sacrifier l’éducation sans compromettre durablement la croissance ». L’école n’y est pas présentée comme un supplément d’âme, mais bien comme « une condition essentielle de prospérité ».
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