Une nouvelle pratique commerciale vient s’ajouter à la liste des stratégies dénoncées par l’association de défense des consommateurs foodwatch. Après la shrinkflation et la cheapflation, l’ONG pointe désormais la « stretchflation », une méthode qui consiste à augmenter légèrement la quantité d’un produit tout en appliquant une hausse bien plus marquée de son prix au kilo. Selon foodwatch, cette mécanique conduit à des augmentations pouvant atteindre jusqu’à 27 % du prix au kilo, pour une hausse de quantité comprise entre 2,7 % et 15 %.
Alertée par de nombreux consommateurs, l’association explique, selon son communiqué, que « la taille du produit augmente de quelques grammes mais le prix augmente aussi, lui, de manière disproportionnée ». Cinq grandes marques sont ainsi mises en cause pour des cas jugés emblématiques, parmi lesquelles Garden Gourmet de Nestlé, Kühne, Lustucru, Mikado de LU et Stoeffler.
Selon la déclaration d’Audrey Morice, chargée de campagnes chez foodwatch, « avec la stretchflation, impossible de savoir qui, des distributeurs ou des industriels, s’en met plein les poches ». Elle ajoute que « les consommateurs se sentent floués » et appelle à « en finir avec ces pratiques marketing abusives ».
Parmi les exemples cités, foodwatch évoque les gnocchis extra-fromage Lustucru, dont le format est passé de 285 à 300 grammes entre 2023 et 2026, tandis que le prix au kilo a progressé de près de 19 %. Même constat pour les flammekueches Stoeffler, affichées en « nouveau format plus généreux », mais avec une hausse de près de 18 % du prix au kilo. Les biscuits Mikado ont vu leur poids augmenter de 90 à 100 grammes, alors que le prix au kilo du lot progresse de plus de 18 %. Des évolutions similaires sont relevées pour La Panée Garden Gourmet et pour les cornichons aigre-doux Kühne, dont le prix au kilo grimpe de près de 28 % pour seulement 5 grammes supplémentaires.
Selon foodwatch, ces pratiques viennent compléter des stratégies déjà bien identifiées. La shrinkflation désigne la réduction des quantités à prix égal ou supérieur, tandis que la cheapflation repose sur la substitution d’ingrédients par des composants moins chers, souvent sans information claire au consommateur. Avec la stretchflation, l’association estime que « l’augmentation du format devient un argument marketing masquant une hausse réelle du prix ».
L’ONG rappelle enfin que, selon la réglementation, « il est interdit d’induire les consommateurs en erreur avec le prix, la publicité ou le marketing des produits ». Elle précise avoir établi ses constats à partir de relevés de prix effectués fin 2025 et début 2026 dans plusieurs régions, en tenant compte de l’inflation alimentaire publiée par l’Insee.
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