Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ont présenté à Saint-Nazaire une feuille de route nationale dédiée à l’attractivité et à l’emploi industriel. Déployée sur trois ans avec l’appui de France Travail et du Réseau pour l’emploi, elle vise 600 000 recrutements durables dans l’industrie dès 2026.
La présentation de cette feuille de route intervient dans un contexte de tensions persistantes sur le marché du travail. Les filières industrielles stratégiques — notamment le nucléaire, la défense, l’aéronautique et le spatial — font face à une hausse des besoins en recrutement, alors même que les transformations écologique et technologique s’accélèrent dans un environnement géopolitique incertain.
Parallèlement, environ un million de départs à la retraite sont attendus d’ici 2030, accentuant les besoins de renouvellement des compétences. Malgré ces dynamiques, de nombreux postes restent non pourvus, ce qui constitue un enjeu pour la souveraineté industrielle du pays.
Pour répondre à ces défis, plusieurs ministères — Travail et Solidarités, Économie, Éducation nationale, Enseignement supérieur — ont élaboré une feuille de route commune avec France Travail, le Réseau pour l’emploi et les filières du Conseil national de l’industrie. Ce plan sera ajusté chaque année sur la base d’objectifs révisés.
La stratégie repose sur trois piliers complémentaires visant à agir sur l’ensemble du parcours vers l’emploi industriel.
Le premier axe concerne l’attractivité des métiers. D’ici juin 2026, plusieurs actions doivent être déployées pour orienter davantage de publics vers l’industrie, notamment en favorisant la mixité et l’accès des personnes éloignées de l’emploi. Le nombre de stages sera doublé, tandis que les interventions de professionnels et les job dating à destination des lycéens seront généralisés. Des campagnes de communication, des événements et des dispositifs d’immersion viendront compléter ces actions.
Le deuxième pilier porte sur la formation. Il prévoit une meilleure anticipation des besoins en compétences et une adaptation des formations initiales et continues. Les dispositifs de formation avant embauche seront renforcés dès 2026, avec une montée en puissance des préparations opérationnelles à l’emploi. La « période de reconversion » doit également faciliter les transitions professionnelles vers les métiers industriels.
Le troisième axe vise à améliorer les conditions de recrutement et de fidélisation. Les offres d’emploi suivies par France Travail et ses partenaires augmenteront de 50 %, notamment grâce au transfert d’offres issues de plateformes spécialisées et à 50 000 actions de prospection auprès des entreprises. Par ailleurs, 7 000 recrutements seront réalisés via la méthode de recrutement par simulation, complétée par 450 ateliers de détection de potentiels. Un accompagnement en ressources humaines sera proposé aux TPE, PME et ETI.
La feuille de route prévoit également des mesures pour lever les freins à l’emploi, en agissant sur des enjeux périphériques tels que le logement, le transport ou la garde d’enfants. Ces actions s’inscrivent dans la stratégie globale du ministère du Travail et des Solidarités et dans le cadre des Engagements de Développement de l’Emploi et des Compétences (EDEC) des filières industrielles.
Pour Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, cette mobilisation doit permettre de répondre aux besoins des entreprises tout en sécurisant les parcours professionnels : « Dans les secteurs de l’industrie, créateurs d’emplois à forte valeur ajoutée pour notre souveraineté, notre priorité est claire : permettre à chacune et chacun de trouver sa place durablement. Avec France Travail et l’ensemble du réseau pour l’emploi, nous mobilisons tous les leviers pour former, recruter et accompagner les talents, au plus près des besoins de nos entreprises, sur l’ensemble du territoire national. »
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