Les crypto-actifs s’installent progressivement dans le paysage patrimonial français, mais leur intégration par les professionnels de la gestion de patrimoine demeure incomplète. Selon une étude OpinionWay menée pour Les Échos, Bitpanda et ADAN, réalisée en novembre 2025 auprès de 242 professionnels, "64 % des clients détiennent déjà des crypto-actifs" tandis que "55 % des conseillers en gestion de patrimoine sont régulièrement interrogés sur ces sujets". Pourtant, "seuls 16 % proposent aujourd’hui une exposition structurée à ces actifs numériques", alors que "41 % souhaiteraient le faire sans disposer encore des outils et partenaires adaptés".
L’enquête met en lumière un décalage persistant entre la demande des clients et la capacité des professionnels à y répondre. Si les perceptions restent contrastées, "la moitié des répondants juge les crypto-actifs risqués et spéculatifs" quand "45 % y voient un potentiel prometteur", l’intérêt des épargnants apparaît clairement établi, porté par la recherche de performance, de diversification et d’innovation, selon l’étude.
Dans les pratiques actuelles, "le Bitcoin, l’Ethereum et les stablecoins demeurent les actifs numériques les plus utilisés", principalement via "des mandats de gestion, des investissements directs réglementés ou des fonds spécialisés". Les professionnels interrogés anticipent "une intégration progressive mais significative des crypto-actifs dans les portefeuilles patrimoniaux d’ici cinq ans", tout en estimant que leur poids restera modéré à court terme.
Les attentes exprimées par les conseillers convergent autour de plusieurs priorités. Selon le baromètre, "la sécurité, la conformité réglementaire, les outils de reporting, l’accompagnement et la diversité des actifs" figurent en tête des besoins identifiés. La question de la formation apparaît centrale, puisque "60 % des conseillers ont déjà suivi des conférences sur les crypto-actifs", une proportion qui atteint "87 % chez ceux gérant plus de 50 millions d’euros d’encours".
L’étude souligne enfin l’effet structurant du cadre réglementaire européen. "L’entrée en vigueur progressive de la réglementation MiCA en 2025 contribue à sécuriser le marché et à rassurer les investisseurs", notamment avec "l’interdiction annoncée des plateformes non conformes en France à partir de juillet 2026", selon les éléments communiqués. Face à une demande client désormais installée, les gestionnaires de patrimoine sont appelés à accélérer leur montée en compétences et à structurer leurs offres pour accompagner une classe d’actifs en voie de normalisation.
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