La Commission des sanctions de Autorité des marchés financiers a infligé un total de 850 000 euros de sanctions pécuniaires à Makor Securities Paris et à son dirigeant Yankel Hassan, selon une décision rendue le 20 janvier 2026. La société a été condamnée à une amende de "700 000 euros" et son dirigeant à "150 000 euros", assorties chacune d’un avertissement, en raison de manquements graves dans le dispositif de détection des abus de marché.
La filiale parisienne du groupe britannique Makor avait sollicité un agrément en 2019, dans le contexte du Brexit, afin de poursuivre ses activités au sein de l’Union européenne. Après s’être engagée à respecter plusieurs conditions, la société avait obtenu "l’approbation de son programme d’activité par l’AMF", puis "son agrément par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution en novembre 2020".
La Commission des sanctions a été saisie à l’issue d’un contrôle mené entre le 1er septembre 2021 et le 7 mars 2024. Makor Securities Paris n’a pas respecté plusieurs engagements liés à son agrément, notamment "la mise en place d’un dispositif automatisé de détection des abus de marché", "l’emploi à temps plein d’un responsable de la conformité pour les services d’investissement" et "l’exécution des transactions par un courtier situé sur le territoire de l’Union européenne".
Selon les constats de la Commission, l’entreprise avait également externalisé des missions de conformité à des prestataires tiers sans disposer d’un cadre procédural suffisamment efficace. Il est indiqué qu’"aucun contrôle des prestataires externes n’avait été mené en 2021" et que ceux réalisés en 2022 et 2023 étaient "lacunaires". Le dispositif de surveillance n’a ainsi pas permis, selon la Commission, "de détecter efficacement les abus de marché pouvant émaner des clients ni de déclarer à l’AMF des opérations suspectes".
La Commission a par ailleurs pointé un encadrement jugé défaillant des transactions personnelles des collaborateurs. L’ensemble de ces manquements a été imputé au dirigeant de la société.
Pour fixer le montant des sanctions, la Commission a notamment souligné, selon le communiqué, que "les abus de marché portent atteinte à l’intégrité des marchés et à la confiance des investisseurs" et que les carences constatées présentaient "une particulière gravité". La décision peut encore faire l’objet d’un recours.
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