Thales Alenia Space a signé un contrat stratégique avec OHB System AG pour la fourniture du sous-système de propulsion de la mission LISA, programme phare de l’Agence spatiale européenne. Ce contrat d’un montant de "16,5 millions d’euros porte sur la phase B2 de la mission", avant des phases ultérieures qui porteront la valeur totale à "89,5 millions d’euros".
La mission LISA, acronyme de Laser Interferometer Space Antenna, constituera "le premier observatoire spatial dédié à la détection et à l’étude des ondes gravitationnelles". Ces infimes distorsions de l’espace-temps, prédites par la relativité générale d’Albert Einstein, proviennent d’événements cosmiques extrêmes comme "la fusion de trous noirs supermassifs ou l’interaction d’étoiles compactes", selon la présentation du programme.
Le dispositif reposera sur "une constellation de trois satellites disposés aux sommets d’un triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de côté", suivant ou précédant la Terre sur son orbite autour du Soleil. Des faisceaux laser inter-satellites mesureront "le déplacement des masses d’épreuve avec une précision de l’ordre du picomètre", un niveau de finesse inaccessible aux instruments terrestres. Le lancement est prévu en 2035 à bord d’Ariane 6.
Selon les éléments fournis, Thales Alenia Space assurera notamment "la conception, la fabrication, l’assemblage, l’intégration et les essais du sous-système de propulsion" depuis son site britannique. Le groupe fournira également des composants critiques tels que "l’avionique, le logiciel de contrôle des satellites, le système de télécommunications et le système de contrôle d’attitude et de compensation de traînée", indispensable pour maintenir les masses d’épreuve en état de quasi chute libre.
La contribution industrielle s’appuie sur une organisation européenne étendue. Selon la répartition annoncée, "le site de Turin bénéficie de l’expérience héritée des phases d’étude initiales", tandis que Gorgonzola développe l’ordinateur de bord et que la Suisse intervient sur "une partie de l’électronique de l’instrument et du système d’acquisition de constellation". Leonardo participe également à la mission en fournissant "des grappes de micropropulseurs permettant un contrôle extrêmement précis de l’attitude des satellites".
Cette mission s’inscrit dans la continuité de programmes de référence comme LISA Pathfinder, Gaia ou Euclid, qui ont démontré la maîtrise des technologies de propulsion de très haute précision. Selon la déclaration de Richard Thorburn, directeur général de Thales Alenia Space au Royaume-Uni, "la sélection de l’entreprise pour cette mission scientifique majeure illustre la reconnaissance de son expertise avancée en propulsion" et marque une étape clé dans la contribution européenne à l’exploration fondamentale de l’Univers.
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