Longtemps marginalisés sur le marché du travail salarié, les actifs de plus de 50 ans trouvent dans l’auto-entrepreneuriat un nouvel espace d’expression professionnelle. Une étude récente met en lumière une dynamique de fond, révélatrice d’un rapport au travail en pleine mutation. Selon cette enquête, « 92 % des seniors jugent le régime de l’auto-entrepreneur attractif et adapté ou très attractif », confirmant l’essor d’une génération qui choisit l’indépendance comme réponse à l’exclusion et à la quête de sens.
Réalisée par l’Union des Auto-Entrepreneurs et des Travailleurs Indépendants dans le cadre de son observatoire, avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, l’étude souligne que « 61,9 % des seniors déclarent avoir été discriminés en raison de leur âge ». Face à ces freins persistants à l’embauche, l’auto-entrepreneuriat apparaît, selon l’analyse, comme « un refuge salutaire » permettant de contourner les blocages du marché traditionnel.
Les motivations exprimées vont bien au-delà de la simple nécessité économique. Selon les résultats, « 69,2 % des seniors se lancent pour retrouver de la liberté et de la flexibilité », tandis que « 47 % recherchent davantage de sens » et « 89 % souhaitent transmettre leur savoir-faire et leur expertise ». L’étude précise également que « 54 % des seniors interrogés affirment que la difficulté à trouver un emploi n’était pas la motivation première », illustrant un choix assumé plutôt qu’un repli contraint.
Cette nouvelle génération de seniors actifs revendique un rapport renouvelé au travail. Selon l’étude, « plus de la moitié d’entre eux envisagent de poursuivre leur activité après la retraite », non seulement pour compléter leurs revenus, mais surtout « par envie de rester utiles, autonomes et connectés aux autres ». Une vision qui rompt avec l’image d’une fin de carrière subie et met en avant la contribution sociale et la transmission intergénérationnelle.
Si le régime séduit, les obstacles demeurent nombreux. Selon les répondants, « 93 % déplorent un manque d’informations sur leurs droits à la retraite », tandis que « l’absence de simulateur fiable pour les carrières poly-actives alimente l’inquiétude ». La complexité administrative et « la suppression des droits CPF lors de la liquidation de la retraite » sont également perçues comme des freins majeurs à la sécurisation des parcours.
Selon la déclaration de l’Union des Auto-Entrepreneurs, « pour les seniors, l’auto-entrepreneuriat représente aujourd’hui un refuge d’autonomie, d’épanouissement et de transmission ». La Fondation partenaire partage ce constat et estime, selon ses propos, que « entreprendre après 50 ans, c’est oser une nouvelle vitalité » et que soutenir ces trajectoires revient à « investir dans l’expérience et la transmission pour l’avenir économique du pays ».
Au-delà des chiffres, l’étude pose un enjeu plus large. Selon ses auteurs, mieux accompagner ces parcours suppose « des dispositifs spécifiques de transition professionnelle, une formation plus accessible et une simplification du système de retraite ». Un défi présenté non seulement comme économique, mais aussi comme « un enjeu de cohésion sociale et de dignité professionnelle ».
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)