L’usage des écrans chez les jeunes s’est généralisé et soulève des questions en matière d’information, de santé et d’inégalités sociales. Plusieurs données permettent d’éclairer les pratiques actuelles et leurs effets.
Les réseaux sociaux sont consultés quotidiennement par la quasi-totalité des adolescents. Aujourd’hui, 90 % des 12-17 ans utilisent chaque jour Snapchat, TikTok, Instagram ou d’autres plateformes, principalement via leur smartphone. Ces usages concernent le partage de photos et de vidéos, le visionnage de contenus en ligne et l’information. Par ailleurs, 32 % des jeunes de 11 à 14 ans déclarent juger crédibles les informations qu’ils consultent ou entendent sur TikTok ou Instagram.
Les effets les mieux établis concernent le sommeil et la sédentarité. Selon les données disponibles, 43 % des adolescents dorment moins de sept heures par nuit en semaine, avec des conséquences observées sur l’humeur et les performances cognitives.
Les effets négatifs massifs ne concernent pas l’ensemble d’une génération. Les usages associés à des comportements problématiques tels que la violence, l’automutilation ou le suicide concernent environ 2 % des adolescents, dont 2,2 % des filles et 1,5 % des garçons. Les données ne montrent pas d’effondrement global d’une génération. Les réseaux sociaux peuvent toutefois agir comme un catalyseur chez des jeunes déjà vulnérables, les algorithmes pouvant accentuer la visibilité de contenus négatifs et alimenter un cercle vicieux pour les plus fragiles.
Les effets délétères apparaissent dès deux heures par jour passées sur les réseaux sociaux. Ce seuil est présenté comme un repère dans le débat sur le temps d’exposition, au-delà du seul contenu consulté.
Enfin, le temps d’écran est précoce, quotidien et socialement différencié. D’après l’enquête nationale Enabee de Santé publique France, les enfants de 3 à 5 ans passent en moyenne 1 heure 22 par jour devant un écran, ceux de 6 à 8 ans 1 heure 53, et les 9 à 11 ans 2 heures 33, avec des durées plus longues les jours sans école. Les usages varient selon le milieu social : les enfants issus de familles moins diplômées passent davantage de temps devant les écrans et disposent plus souvent d’un écran dans leur chambre. Le recours aux écrans pendant le temps de loisirs peut être lié à des contraintes économiques, organisationnelles ou contextuelles, notamment en cas de manque de ressources, d’espace ou d’accès à des activités alternatives. Le temps d’écran apparaît ainsi comme un indicateur d’inégalités sociales.
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