Le 9? Baromètre de l’Observatoire des sociétés à mission, présenté au ministère de l’Économie et des Finances, dresse un état des lieux de l’adoption du modèle en France. Au 31 décembre 2025, 2 411 entreprises ont adopté ce statut, confirmant une dynamique soutenue depuis plusieurs années.
Une croissance continue depuis la loi PACTE
Depuis l’entrée en vigueur de la loi PACTE en 2019, 2 596 entreprises ont adopté la qualité de société à mission. Au 31 décembre 2025, 2 411 d’entre elles sont recensées, avec une progression d’environ 500 nouvelles entreprises par an sur les quatre dernières années.
En 2025, 370 nouvelles sociétés ont rejoint ce modèle, parmi lesquelles La Vie Claire, OpinionWay, emeis et IDEX. Plusieurs entreprises déjà établies, comme Back Market, Doctolib, Danone, La Belle-Iloise, Harmonie Mutuelle, MAIF, Enedis, EM Lyon Business School ou La Poste, figurent également parmi les acteurs engagés.
"Le cap des 2 400 sociétés à mission confirme que le modèle n’est plus une expérimentation, mais une transformation en profondeur de l’entreprise française", souligne Hélène Bernicot, directrice générale du Crédit Mutuel Arkéa et co-présidente de la Communauté des entreprises à mission.
Un modèle désormais ancré dans les secteurs clés de l’économie
Les sociétés à mission représentent aujourd’hui 1 106 000 salariés, dont plus de 900 000 en France. Cette présence s’étend à plusieurs secteurs structurants de l’économie.
La production d’électricité, de gaz et de vapeur regroupe 21 % des salariés concernés, avec des entreprises telles qu’Enedis, IDEX ou SunLib. Les transports et l’entreposage représentent 19 %, notamment avec La Poste, Transdev et Keolis. Le secteur de la santé humaine et de l’action sociale en concentre 16 %, avec des acteurs comme Clariane, LNA Santé et Chiesi. Les activités immobilières comptent pour 13 %, avec des entreprises telles qu’Erilia ou KS Groupe.
Ces données témoignent de la diffusion du modèle dans des secteurs majeurs de l’économie française.
Une adoption progressive par les grandes entreprises et un ancrage territorial marqué
Le baromètre indique que 15 % des grands groupes français comptent au moins une entité à mission, qu’il s’agisse de la maison-mère ou d’une filiale. Cette progression traduit une intégration croissante du modèle dans les stratégies des grandes organisations.
"La société à mission n’est pas un label. C’est un cadre de gouvernance qui engage l’entreprise dans la durée", rappelle Guillaume Desnoës, fondateur d’Alenvi et co-président de la Communauté des entreprises à mission.
Par ailleurs, 59 % des sociétés à mission ont leur siège en dehors de l’Île-de-France, illustrant une diffusion territoriale du modèle à l’échelle nationale.
"Dans un contexte incertain, la mission agit comme un cap stratégique. Elle renforce la cohérence interne et la confiance des parties prenantes", analyse Valérie Brisac, directrice générale de la Communauté des entreprises à mission.
Un indicateur de pérennité pour les entreprises engagées
Les données de l’INSEE mettent en évidence un écart significatif en matière de pérennité. Parmi les entreprises créées en 2018, 31 % avaient disparu en 2023. Cette proportion tombe à 5 % pour celles ayant adopté le statut de société à mission.
Cet écart est présenté comme un indicateur de robustesse, suggérant un lien entre mission statutaire, gouvernance élargie et performance économique sur la durée.
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