L’intelligence artificielle n’est plus cantonnée aux laboratoires ou aux débats prospectifs. Elle s’impose désormais comme un facteur structurant de transformation du système éducatif, de l’école au supérieur. « 92 % des enseignants déclarent s’être formés à des outils d’IA au cours des douze derniers mois, selon Réseau Canopé », un chiffre qui témoigne d’« une dynamique sans précédent dans la formation continue ».
Cette montée en puissance de l’IA conduit les établissements d’enseignement supérieur à repenser en profondeur leurs priorités pédagogiques. Sciences Po a ainsi engagé un virage stratégique en revisitant ce qui faisait historiquement son identité académique. L'institution a fait le choix de « laisser de côté l’esprit de synthèse et la capacité à se documenter rapidement, aujourd’hui largement rattrapés par l’IA », pour concentrer ses enseignements sur des compétences que la technologie ne saurait remplacer.
L’établissement entend désormais renforcer « l’esprit critique, la capacité d’analyse, le jugement, la créativité et la réflexivité ». Cette réorientation s’accompagne d’un pari assumé en faveur d’enseignements approfondis en humanités et en pluridisciplinarité, ainsi que du développement d’« une formation à l’usage éclairé, critique et responsable de ces technologies », selon le communiqué.
Au-delà des choix institutionnels, le message adressé aux lycéens et futurs étudiants apparaît sans ambiguïté. « La réussite dans le supérieur repose de moins en moins sur l’accumulation de savoirs, et de plus en plus sur la capacité à les mobiliser, les questionner et les articuler dans un monde incertain ». Une évolution qui marque une recomposition profonde des compétences attendues et redessine les contours de l’excellence académique à l’ère de l’intelligence artificielle.
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