À l’occasion de la Journée mondiale de l’art, célébrée le 15 avril sous l’égide de l’UNESCO, le réseau Môm’artre met en avant le rôle de la pratique artistique dans le développement des enfants. L’association souligne cependant des inégalités persistantes d’accès, notamment pour les enfants issus de milieux modestes.
Selon les données relayées par Môm’artre, 71 % des enfants issus de familles à bas revenus ne participent à aucune activité culturelle ou sportive en dehors de l’école. Plus largement, huit enfants sur dix n’ont pas accès à une pratique artistique régulière.
Ces activités s’inscrivent dans les « tiers-temps », c’est-à-dire les périodes en dehors de l’école et de la famille. Ces temps sont présentés comme complémentaires du cadre scolaire et familial, offrant un espace d’apprentissage sans pression de performance, propice à l’expérimentation et au développement des compétences psychosociales.
Dans ce contexte, l’association estime que l’éducation artistique devrait être davantage intégrée comme un levier d’égalité et de développement.
Depuis 25 ans, Môm’artre intervient principalement dans les quartiers populaires pour organiser ces temps périscolaires et extrascolaires. L’association propose des activités combinant aide aux devoirs, accompagnement éducatif et projets artistiques animés par des artistes professionnels.
Présente en Île-de-France, à Nantes et à Marseille, elle mène également des actions dans les écoles, centres sociaux et crèches. L’objectif est d’inscrire la pratique artistique dans la durée, comme une composante régulière du parcours des enfants.
En 2025, 14 508 enfants ont été accompagnés à travers 826 projets artistiques, dont 56 % en quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ces actions ont mobilisé 352 artistes intervenants et se sont accompagnées de 250 sorties culturelles.
L’association met en avant des résultats issus de sa mesure d’impact. Selon ces données, 83 % des enfants accompagnés ont développé leur ouverture culturelle, 75 % s’expriment davantage et s’intéressent à de nouveaux sujets, et 73 % déclarent se sentir plus épanouis et avoir renforcé leur confiance en eux. Par ailleurs, 76 % ont élargi leur cercle social.
Du côté des familles, 82 % des parents indiquent une diminution de leur stress professionnel et personnel, et 74 % se disent moins préoccupés par les devoirs scolaires de leurs enfants.
Ces éléments sont présentés comme des indicateurs du rôle structurant de la pratique artistique dans le développement des enfants, tant sur le plan individuel que social.
Malgré ces résultats, Môm’artre souligne que l’accès à la pratique artistique reste fortement dépendant du milieu social. L’association met également en avant le rôle des politiques culturelles locales : en 2025, près d’une collectivité sur deux a réduit son budget culturel, tandis que 42 % déclarent une baisse des subventions aux associations du secteur.
« La pratique artistique sur les temps hors école est un formidable levier pour permettre aux enfants de s’exprimer, de prendre confiance et de trouver leur place. Ces espaces de création participent pleinement à leur développement, à leur bien-être et à leur capacité à grandir sereinement », explique Mona Hitti, directrice générale du réseau Môm’artre.
À l’occasion de cette journée, l’association publie un manifeste et appelle à une reconnaissance accrue de l’éducation artistique comme levier d’égalité des chances et de cohésion sociale, dans un contexte marqué par les échéances politiques locales et nationales.
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