L’intelligence artificielle franchit un nouveau cap dans les grandes organisations françaises. En 2026, elle ne se limite plus à des expérimentations isolées mais s’ancre progressivement dans le pilotage global des entreprises. Trends of AI, menée auprès de 356 décideurs, « 60 % des organisations disposent désormais d’un dispositif transverse pour passer l’IA à l’échelle », traduisant une volonté claire d’industrialisation et de structuration à long terme.
Cette montée en puissance s’accompagne d’un renforcement de la gouvernance. « 86 % des organisations ont validé une charte d’usage responsable de l’IA », souvent portée au plus haut niveau, « au sein du COMEX ». L’IA devient ainsi un sujet stratégique, intégré aux processus de décision, aux outils métiers et aux pratiques opérationnelles, avec pour objectif affiché d’« accélérer la performance tout en garantissant la conformité ».
Les résultats montrent toutefois des niveaux de maturité contrastés selon les fonctions. Le Marketing, l’IT et la Relation Client apparaissent comme les plus avancées. « Le Marketing et l’IT se positionnent de nouveau comme les champions de l’adoption de l’IA en entreprise », notamment grâce à des usages orientés vers la productivité et la qualité opérationnelle. À l’inverse, d’autres fonctions restent dans une phase plus exploratoire.
La transition d’une logique de tests dispersés vers un modèle intégré est l’un des enseignements centraux de cette édition. Selon l’étude, « la phase des expérimentations laisse place à un besoin de modèle transversal et industrialisé », ouvrant la voie à ce que les auteurs qualifient d’« Entreprise Intelligente », capable de structurer durablement ses décisions et ses compétences autour de l’IA.
Autre évolution notable, la capacité à mesurer la valeur créée progresse nettement. Alors qu’en 2025 « un tiers seulement des répondants savaient mesurer le retour sur investissement », ils sont désormais « près de deux tiers à en être capables », signe d’une maturité croissante des projets IA.
Dans les faits, l’IA est encore majoritairement utilisée sur des cas d’usage à faible risque, comme « la création de contenu, l’assistance, la traduction ou l’analyse », avant d’être étendue à des processus plus sensibles. Les bénéfices sont néanmoins déjà tangibles. Selon l’étude, « des gains rapides de productivité sont observés dans le Marketing, la Relation Client, les Ressources humaines ou l’IT », notamment en matière de réactivité et de qualité de service.
Fonction par fonction, les écarts restent marqués. En finance, l’adoption est « réelle mais encore exploratoire », avec « 38 % des entreprises testant ou déployant l’IA pour la formation et la gestion des connaissances ». En marketing, l’IA est largement mobilisée pour le contenu, « la traduction et le résumé de conversations étant déployés dans 59 % des entreprises ». Côté IT, l’industrialisation progresse mais les budgets restent mesurés, « moins de 3 % du budget IT étant consacré aux projets IA dans 45 % des organisations ».
Les Ressources humaines s’approprient l’IA dans leur quotidien, même si « seuls 4 % des acteurs ont déjà déployé l’IA pour la préqualification de CV ». En relation client, les bénéfices sont plus immédiats, avec « 29 % des entreprises ayant déjà déployé la rédaction assistée de messages ». Les fonctions Achats, Supply Chain et Risque avancent plus prudemment, privilégiant des usages d’aide à la décision et de visibilité, tandis que l’industrialisation reste limitée.
Au final, l’étude dresse le portrait d’un paysage en mutation. Selon ses auteurs, l’IA n’est plus perçue comme un simple outil d’efficacité mais comme « un facteur de différenciation stratégique », à condition d’être gouvernée, mesurée et intégrée de manière cohérente. Une transformation qui ne fait que commencer, mais qui redéfinit déjà en profondeur les modes de pilotage des entreprises françaises.
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