Depuis le début du conflit au Soudan en 2023, le musée du Louvre poursuit et consolide son engagement en faveur de la protection du patrimoine soudanais, en partenariat étroit avec la National Corporation for Antiquities and Museums. Cette coopération de long terme s’articule autour de trois priorités complémentaires visant à préserver, transmettre et valoriser un héritage culturel aujourd’hui gravement menacé.
Le premier axe concerne la sauvegarde des sites archéologiques majeurs, en particulier ceux de Méroé et d’el-Hassa, Méroé étant "inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO". Ancienne capitale du royaume méroïtique entre le III? siècle avant notre ère et le IV? siècle après, ce site emblématique est fragilisé par la poursuite de la guerre, la surfréquentation liée aux déplacements de population et les effets du changement climatique. Le Louvre s’est engagé, aux côtés de la NCAM et de la Section française de la direction des antiquités du Soudan, dans un projet soutenu par la Fondation ALIPH afin de protéger la cité royale de Méroé contre les crues du Nil. Cette coopération prévoit notamment "le renforcement d’une digue existante de 800 mètres" et "la plantation d’acacias endémiques", destinées à lutter contre l’érosion, l’ensablement et les dégradations.
La protection physique des sites s’accompagne d’un important volet de sensibilisation. Des mallettes pédagogiques itinérantes ont été conçues avec le Louvre pour être utilisées dans les écoles et universités encore actives. Elles contiennent "des répliques 3D d’œuvres de la région de Méroé" conservées dans les collections du département des Antiquités égyptiennes du Louvre, ainsi que des supports pédagogiques et des scénarios de médiation. Ce dispositif vise à créer un lien direct avec le patrimoine local tout en alertant sur les risques liés au trafic illicite des biens culturels, dans un contexte marqué par une augmentation des dégradations volontaires.
Le troisième axe repose sur la valorisation et la sécurisation numérique du patrimoine soudanais. Le musée du Louvre participe à la mise en place d’une plateforme numérique de sauvegarde documentaire destinée à centraliser et protéger les archives des musées et des sites archéologiques, en partie perdues depuis le début du conflit. Lancée en 2025 sous la coordination de la NCAM, cette plateforme s’appuie sur une collaboration scientifique réunissant notamment le Louvre, le British Museum, la SFDAS et le CNRS.
Dans le prolongement de cette démarche, un musée virtuel du musée national de Khartoum est accessible depuis le 1er janvier 2026. Ce projet a pour objectif de "rendre accessible la richesse du patrimoine soudanais" et de contribuer à la lutte contre le trafic illicite, alors que le musée physique a été touché par des pillages et des destructions. Le Louvre apporte son expertise scientifique et technique à cette initiative aux côtés de partenaires universitaires internationaux.
Enfin, l’engagement du Louvre s’inscrit dans une relation scientifique ancienne avec le Soudan. Les collections du musée comptent près de 600 objets provenant de Nubie et du Soudan, et cette coopération s’est traduite par des expositions majeures et des fouilles archéologiques menées successivement à Mouweis puis à el-Hassa. Malgré le conflit en cours, le musée continue à assurer le dialogue avec ses partenaires locaux et le gardiennage des sites dans l’attente de la reprise des travaux.
À travers l’ensemble de ces actions, le musée du Louvre réaffirme sa volonté de poursuivre une coopération exemplaire au service de la préservation du patrimoine soudanais, à la croisée des enjeux culturels, scientifiques, environnementaux et humains.
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