En novembre 2025, Michel Lacoste a consenti une donation à terme de cent pièces d’orfèvrerie au musée du Louvre. Cet ensemble, couvrant une période allant du XVIe au XVIIIe siècle, sera présenté pendant plus de six mois dans le département des Objets d’art, en dialogue avec les collections existantes du musée.
Les cent œuvres données par Michel Lacoste témoignent de la diversité des formes et du savoir-faire de l’orfèvrerie française sur trois siècles. Elles seront exposées dans la salle 605, aux côtés des pièces d’argenterie et de céramique habituellement présentées, dans un dispositif scénographique adapté visant à identifier et mettre en valeur les œuvres issues de la donation.
Pour intégrer cet ensemble, les vitrines actuelles feront l’objet d’un réaménagement comprenant le retrait de certaines pièces et l’ajout d’œuvres conservées en réserve, afin de favoriser des correspondances avec la collection Lacoste. Les choix opérés pour cette donation ont été réalisés en concertation avec le département des Objets d’art, en tenant compte du corpus déjà présent au musée et du récent catalogue scientifique consacré à l’orfèvrerie.
Cet apport permet notamment de renforcer de manière significative la représentation du XVIIe siècle, avec près d’un quart des pièces issues de cette période, qu’elles soient parisiennes ou provinciales. La donation contribue également à combler certaines lacunes, notamment en intégrant des œuvres de maîtres orfèvres jusqu’ici absents des collections, comme Jean-Baptiste Chéret, Pierre-François Bonnestrenne ou Joseph-Théodore Vancombert. D’autres pièces viennent compléter le corpus d’artisans déjà représentés, parmi lesquels Nicolas Delaunay, Claude II Ballin, François-Thomas Germain ou Jacques-Nicolas Roëttiers.
Parmi les critères de sélection figure également la volonté de représenter les grands centres provinciaux d’orfèvrerie des XVIIe et XVIIIe siècles. Si ces productions s’inspirent souvent des modèles parisiens, elles présentent des spécificités qui enrichissent la compréhension des pratiques et des styles de l’époque.
L’ensemble de la donation se distingue par sa rareté, ces pièces étant aujourd’hui de plus en plus difficiles à acquérir sur le marché.
Les cent œuvres données représentent environ un quart de la collection réunie par Michel Lacoste depuis les années 2000. De nationalité suisse, le donateur a opté pour une donation à terme de biens présents, les œuvres devenant propriété de l’État à son décès. L’acte a été signé à la fin du mois de novembre 2025.
Fils de René Lacoste, fondateur de la marque éponyme, Michel Lacoste a développé très tôt un intérêt pour l’orfèvrerie. Sa passion trouve son origine dans un catalogue de vente de la collection Puiforcat offert par sa grand-mère. Cette vente, prévue en 1955, n’a finalement pas eu lieu, l’essentiel des pièces ayant été acquis par l’armateur Stavros Niarchos, qui les a ensuite offertes au musée du Louvre sous réserve d’usufruit.
Marqué par cet épisode et par la figure du collectionneur Louis-Victor Puiforcat, Michel Lacoste a commencé à fréquenter les salles de vente et les marchands spécialisés dès l’âge d’une vingtaine d’années. Ses premiers achats significatifs remontent aux ventes de la collection de David David-Weill dans les années 1970. Après avoir cédé une partie de cette première collection en 1999, il a repris ses acquisitions pour constituer un nouvel ensemble.
Avec cette donation, Michel Lacoste entend partager sa passion pour l’orfèvrerie et contribuer à la transmission de ce patrimoine aux générations futures. Le choix du musée du Louvre s’inscrit dans la continuité de l’histoire de cette discipline au sein de l’institution, qui conserve déjà une part importante de la collection Puiforcat.
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