Yuka, foodwatch et France Assos Santé ont lancé le 28 avril 2026 une pétition nationale visant à interpeller les pouvoirs publics sur les risques liés aux aliments ultra-transformés. Les trois organisations demandent des mesures concrètes pour encadrer leur commercialisation et mieux informer les consommateurs, dans un contexte où ces produits occupent une place croissante dans l’alimentation.
En France, plus de 60 % des produits emballés vendus en supermarché sont aujourd’hui considérés comme ultra-transformés, incluant notamment biscuits, sodas, céréales sucrées, chips, nuggets ou plats préparés. Ces produits, composés d’ingrédients industriels et d’additifs, représentent entre 30 et 35 % des calories consommées par les adultes et près de la moitié de celles ingérées par les enfants.
Selon les organisations à l’origine de la pétition, plus d’une centaine d’études scientifiques établissent un lien entre une consommation élevée de ces aliments et un risque accru de maladies chroniques. Une synthèse publiée en novembre 2025 dans la revue The Lancet évoque notamment des associations avec l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, certaines pathologies rénales ou encore des cancers. D’autres travaux suggèrent également des liens avec des troubles de la santé mentale, tels que des symptômes dépressifs ou des troubles cognitifs.
Malgré ces éléments, les aliments ultra-transformés ne font actuellement l’objet d’aucune régulation spécifique. Les trois organisations dénoncent une diffusion massive de ces produits, soutenue par des stratégies marketing ciblées, notamment à destination des enfants et des adolescents, via les emballages ou les réseaux sociaux.
Dans ce contexte, elles estiment que la responsabilité ne peut reposer uniquement sur les consommateurs. « Il est temps d’arrêter de faire peser uniquement la responsabilité sur les consommateurs. Dans un environnement alimentaire saturé de produits ultra-transformés, conçus pour être toujours plus attractifs, prétendre que la situation relève du “choix individuel” est un discours à la fois inefficace et inacceptable. La responsabilité est avant tout politique : les pouvoirs publics doivent agir pour encadrer ces produits et protéger la population », indiquent-elles.
La pétition appelle à la mise en œuvre de trois mesures prioritaires. Les organisations demandent d’abord un encadrement strict de la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier lorsqu’elle cible les jeunes, y compris sur les plateformes numériques. Elles souhaitent également l’interdiction des stratégies marketing incitatives sur les emballages, telles que l’utilisation de mascottes, de personnages ou de jeux promotionnels.
Enfin, elles plaident pour la mise en place d’un étiquetage clair, lisible et obligatoire en face avant des produits, en complément du Nutri-Score, afin d’identifier immédiatement les aliments ultra-transformés sur la base des connaissances scientifiques actuelles.
Cette initiative intervient alors que le président de la République a annoncé, le 7 avril 2026 lors du One Health Summit à Lyon, l’engagement de la France, aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé et d’autres pays, à reconnaître les impacts des aliments ultra-transformés et à promouvoir une alimentation plus saine et durable.
Pour Yuka, foodwatch et France Assos Santé, ces engagements doivent désormais se traduire en actions concrètes. À travers cette pétition, elles entendent inscrire la question de la régulation des aliments ultra-transformés dans le débat public et appeler les autorités à mettre en place des dispositifs d’information et de protection jugés nécessaires pour la santé de la population.
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