foodwatch porte plainte après des rappels de laits infantiles et accompagne des familles de nourrissons malades

Une plainte pénale a été déposée à Paris par l’association de défense des consommateurs foodwatch dans le dossier des rappels massifs de laits infantiles en poudre. L’organisation annonce accompagner plusieurs familles de nourrissons tombés malades et évoque un scandale sanitaire touchant de nombreux fabricants opérant en Europe et à l’international.

L’association indique avoir engagé cette procédure après avoir enquêté pendant près de deux mois sur des rappels concernant plusieurs industriels dont Nestlé, Danone, Lactalis, Vitagermine, La marque en moins Granarolo et Hochdorf. Elle affirme que "de nombreux fabricants ont rappelé plusieurs marques de laits infantiles en Europe et ou dans le monde" selon le communiqué, et que la liste des entreprises concernées pourrait encore évoluer.

L’organisation souligne que "ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de 6 mois, parfois des prématurés" et estime que ces produits ont exposé des bébés "à un risque pour leur santé". Huit familles se sont jointes à la plainte à ce stade et d’autres dossiers seraient en cours de constitution.

Selon la déclaration de l’organisation, plusieurs nourrissons concernés ont présenté "vomissements, diarrhées incessantes, fièvres, douleurs abdominales" et certains ont été hospitalisés fin 2025, avant même les rappels massifs. L’association rapporte que des analyses ont mis en évidence la présence de Bacillus cereus dans certains cas et décrit plusieurs situations individuelles impliquant des laits de marques Guigoz, Picot ou Babybio Optima rappelés, selon le communiqué.

L’association critique également les modalités de gestion des rappels. Elle affirme que "les supermarchés, Amazon ou les marques via RappelConso ont intimé les parents de jeter et détruire les boîtes" et estime que cela revient "à se débarrasser des preuves" selon le communiqué. Elle ajoute que la présence de la toxine peut être recherchée ultérieurement dans la poudre conservée.

Concernant la chaîne d’approvisionnement, l’organisation indique que "le fournisseur de l’ingrédient incriminé l’ARA a informé Nestlé de la contamination dès décembre 2025" selon le communiqué, et juge que cela "ne dédouane en aucun cas les géants comme Nestlé, Lactalis ou Danone de s’assurer de la sécurité sanitaire de leurs produits". Elle dénonce des rappels jugés tardifs et évoque des "retraits silencieux" dans certains pays, selon le communiqué.

Sur le plan sanitaire, l’association affirme que "les autorités belges, luxembourgeoises et brésiliennes ont communiqué sur le lien établi entre la consommation de lait Nestlé et la maladie de plusieurs bébés" selon le communiqué, tout en reprochant aux groupes concernés de minimiser les risques.

Elle précise que certains lots rappelés étaient commercialisés depuis plusieurs mois, citant des mises sur le marché remontant à janvier, mai ou septembre 2025 selon les marques, selon le communiqué. Elle estime que ces délais ont empêché de nombreux parents d’être informés à temps.

La plainte vise notamment "la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons", "la tromperie aggravée", "la mise sur le marché de produits préjudiciables à la santé" ou encore "le défaut d’information des autorités administratives et des consommateurs" selon le communiqué.

Selon la déclaration de Me François Lafforgue, avocat des familles et de l’association, "la responsabilité des entreprises visées par la plainte nous semble constituée mais l’enquête le confirmera" et "nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons". L’association rappelle enfin avoir déjà engagé des actions judiciaires dans de précédents dossiers sanitaires impliquant des produits alimentaires, selon le communiqué.


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