Après plusieurs années marquées par un net ralentissement de la construction, le gouvernement a présenté, vendredi 23 janvier, un plan de relance du logement visant à inverser la tendance. L’exécutif reconnaît que le logement constitue "l’une des premières préoccupations des Français" et l’une des "grandes urgences dans le pays", avec pour objectif affiché "la construction de deux millions de logements d’ici 2030".
Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions sur l’ensemble du marché immobilier. Quelques jours plus tôt, un premier signal avait déjà été adressé aux investisseurs privés. "Le gouvernement, avec l’engagement du ministre du Logement et de la Ville Vincent Jeanbrun, a intégré le nouveau statut du bailleur privé dans le texte du 49-3 de la Constitution dans le cadre du vote du Budget 2026" selon le communiqué. Ce dispositif vise à "restaurer la confiance des investisseurs privés", considérée comme indispensable à la relance de la construction neuve.
Le nouveau statut ne concerne pas uniquement les logements neufs. Il est également étendu au parc ancien, "sous conditions de réalisation de travaux importants et d’atteinte de performance énergétique exigeante". L’objectif est clair : "desserrer la tension particulièrement forte qui pèse sur le marché du logement locatif" et permettre "la construction de 50 000 logements supplémentaires par an". Cette orientation s’appuie sur "les travaux du sénateur Marc-Philippe Daubresse et du député Mickaël Cosson", dont le rapport remis en juin 2025 a servi de base aux débats parlementaires.
Si ces annonces sont largement saluées par les professionnels de l’immobilier, certaines inquiétudes demeurent. "Ces mesures attendues et positives pourraient voir leur efficacité fortement limitée par la fin anticipée de l’expérimentation de l’encadrement des loyers et sa généralisation à l’ensemble du territoire". Une perspective qui suscite de vives réserves dans un marché déjà sous tension.
Selon plusieurs acteurs du secteur, une généralisation de l’encadrement des loyers risquerait d’aggraver la situation. "Cette mesure ne protège pas durablement les locataires, elle réduit le nombre de logements disponibles et accélère la sortie des biens du parc locatif". Marc Gedoux, président du Pôle Habitat FFB Grand Paris, estime ainsi que "pour faire baisser durablement les loyers, il faut produire et remettre des logements sur le marché" et que "l’encadrement des loyers fait exactement l’inverse en décourageant l’investissement" selon sa déclaration.
Dans ce contexte, les professionnels appellent à la prudence et plaident pour attendre "les conclusions du rapport d’évaluation confié aux économistes Gabrielle Fack et Guillaume Chapelle", notamment sur les effets de l’encadrement des loyers sur l’offre locative.
Le débat s’accompagne également d’un rappel sur le profil des bailleurs privés. "Selon l’ANIL, 84 % des bailleurs particuliers détiennent un ou deux logements". Loin de l’image de rentiers, ces propriétaires investissent principalement pour "compléter une retraite fragilisée par le vieillissement démographique et l’évolution défavorable des régimes de pension".
Pour les acteurs du secteur, la réussite du plan de relance passera donc par un équilibre délicat. "Il est primordial d’encourager les propriétaires qui investissent, entretiennent et rénovent leur patrimoine", une démarche qui contribue également aux objectifs de rénovation énergétique du parc immobilier.
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