Le coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale de l’électricité passera de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Une décision gouvernementale vivement contestée par Coénove, qui estime que cette évolution modifiera le classement énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité sans réduire pour autant leurs consommations réelles.
L’association rappelle que ce coefficient, resté stable pendant 45 ans entre 1976 et 2021, aura été modifié trois fois en cinq ans. Après avoir été fixé à 2,3 puis à 1,9, il descendra donc à 1,7.
Des avis défavorables pendant la consultation
Coénove souligne que cette décision intervient après plusieurs alertes de professionnels et d’organisations du secteur du logement.
Selon l’association, une large majorité des contributions recueillies lors de la consultation organisée du 9 juillet au 6 août 2026 étaient défavorables au changement. Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) avaient également rendu des avis négatifs en juillet.
Coénove reproche au Gouvernement d’avoir néanmoins maintenu cette évolution sans démontrer, selon elle, que la valeur de 1,7 correspond à la réalité du système électrique français.
Un désaccord sur le calcul retenu
Le Gouvernement justifie cette évolution, selon les éléments transmis, en référence à la directive européenne sur l’efficacité énergétique de 2023, qui permet aux États membres d’utiliser un facteur national spécifique.
Coénove conteste toutefois le niveau retenu. L’association affirme qu’un calcul fondé sur le mix électrique français actuel ou prospectif conduirait à un coefficient supérieur à 2,3, et donc à une hausse plutôt qu’à une baisse. Cette estimation est celle avancée par Coénove dans sa communication.
Elle considère également que le coefficient doit rester représentatif des pertes d’énergie primaire nécessaires à la production d’électricité et cite notamment les contraintes pesant sur certains réacteurs nucléaires pendant les périodes estivales.
Des logements pourraient sortir du statut de « passoire énergétique »
La modification aura des conséquences sur le Diagnostic de performance énergétique (DPE). Un coefficient moins élevé réduit mécaniquement la quantité d’énergie primaire attribuée à une consommation électrique donnée.
Selon Coénove, plusieurs dizaines de milliers de logements chauffés à l’électricité pourraient ainsi changer de classement et sortir du statut de « passoire énergétique », sans travaux sur le bâtiment.
L’association critique cette conséquence, estimant que ni le confort des occupants, ni leur consommation d’énergie, ni leurs factures ne seront directement améliorés par le changement de coefficient.
Elle redoute également une perte de lisibilité du DPE pour les particuliers. Des logements pourraient voir leur étiquette énergétique évoluer alors qu’aucune rénovation n’a été réalisée.
« Ce sont les bâtiments qu’il faut rénover »
Coénove estime enfin que cette évolution pourrait pénaliser les professionnels de la rénovation énergétique en réduisant le nombre de logements considérés comme prioritaires pour des travaux.
« Après 2,3, puis 1,9, voici 1,7. Jusqu’où ira-t-on ? À force de modifier les indicateurs scientifiques pour améliorer facticement les statistiques, on finit par perdre de vue l'objectif principal : rénover réellement les logements », déclare Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove.
« Changer artificiellement un coefficient ne réduit ni les consommations, ni les factures, ni la précarité énergétique. Ce n'est pas le coefficient Ep/Ef qu'il faut modifier, ce sont les bâtiments qu'il faut rénover », ajoute-t-il.
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