Le marché automobile français a traversé une année 2025 difficile, marquée par un net ralentissement des ventes de voitures neuves et une reprise modérée de l’occasion en fin d’exercice. Selon les données publiées par AAA Data, les immatriculations de voitures particulières neuves reculent de 6 % en décembre et totalisent 1 632 151 unités sur l’ensemble de l’année, soit une baisse de 5 % par rapport à 2024.
Dans son analyse mensuelle, AAA Data souligne que “le marché des voitures neuves reste sous basse tension”, affecté à la fois par la désaffection des particuliers et le repli des flottes d’entreprises. En décembre, 172 927 immatriculations ont été enregistrées, en recul de 6 %, malgré un jour ouvré supplémentaire, selon les données communiquées au Mémento.
La dynamique reste contrastée selon les canaux. Les immatriculations des particuliers diminuent de 2 % sur le mois, tandis que celles des flottes chutent de 9 %. Seul le segment des loueurs courte durée affiche une progression marquée, avec “une hausse de 15 % en décembre et de 14 % sur douze mois”, selon l’analyse. Cette évolution confirme le rôle croissant de ce canal dans un marché fragilisé.
L’année 2025 se distingue en revanche par l’accélération du verdissement du parc. Les voitures électriques représentent “24 % des immatriculations en décembre et 20 % sur l’ensemble de l’année”, franchissant le seuil des 300 000 unités. Ce mouvement est largement porté par les aides publiques et par le renouvellement des flottes. Chez les particuliers, l’électrique atteint 30 % des ventes, contre 27 % pour les flottes, selon les chiffres avancés.
La Renault 5, éligible au leasing social, domine nettement le classement des modèles électriques avec 6 426 immatriculations en décembre. Elle devance la Peugeot 208, suivie des Peugeot 2008, Renault Scenic et Citroën ë-C3. Par marque, Renault s’impose largement en tête des ventes d’électriques, devant Peugeot, Citroën, BMW et Volkswagen, selon AAA Data.
Cette progression de l’électrique s’accompagne d’un net recul des motorisations traditionnelles. Les immatriculations essence chutent de 31 % en décembre, celles du diesel de 34 %. Même les hybrides, qui représentent plus de la moitié du marché, connaissent un léger repli de 6 %, avec toutefois de fortes disparités selon les technologies, selon l’analyse.
Les prix demeurent un frein majeur à la reprise. Sur l’année, le prix moyen des voitures neuves baisse légèrement de 1,4 %, mais reste élevé, avec “25 657 euros pour un modèle essence et 42 992 euros pour un électrique”. Cette situation pousse de plus en plus de particuliers vers la location longue durée, choisie par 36 % d’entre eux en décembre, un chiffre en forte progression.
À l’inverse, le marché de l’occasion termine l’année sur une note plus positive. Après une évolution erratique, il progresse de 6 % en décembre et atteint 5 396 432 transactions sur l’année, soit une hausse de 0,8 %. Les modèles de plus de dix ans tirent particulièrement le marché, avec une progression de 13 % en décembre, tandis que les véhicules récents de moins de cinq ans continuent de reculer, selon AAA Data.
L’électrification gagne également le marché de l’occasion, de manière plus progressive. Les voitures électriques d’occasion dépassent 3 % des transactions sur l’année et franchissent 4 % en décembre. Les hybrides représentent quant à eux 12 % du marché annuel, selon les données communiquées.
En perspective, AAA Data anticipe pour 2026 un marché du neuf toujours contraint, avec “un scénario de référence à 1,62 million d’immatriculations”. Dans un contexte de croissance économique modérée, le marché devrait rester proche des niveaux de 2025 avant de retrouver davantage de dynamisme à partir de 2027. La part de marché de l’électrique est attendue à 25 % en 2026, portée par l’élargissement de l’offre et la réduction progressive de l’écart de prix avec les modèles thermiques, selon l’analyse prospective.
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