L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié une étude consacrée à l’usage de l’intelligence artificielle par les acteurs des marchés financiers en France. Cette enquête met en évidence un niveau d’adoption déjà très élevé : 90 % des répondants déclarent utiliser l’IA ou prévoir de le faire à très court terme.
L’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur financier s’est fortement accélérée ces dernières années. Afin d’en mesurer l’ampleur, les usages et les risques, l’AMF a conduit une étude approfondie dans le cadre d’une enquête paneuropéenne initiée en février 2025 par l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Trois questionnaires distincts ont été adressés à des sociétés de gestion de portefeuille, des prestataires de services d’investissement, des prestataires de services sur crypto-actifs et de financement participatif, ainsi qu’à des sociétés cotées, des cabinets d’audit et des avocats spécialisés. Au total, 100 acteurs ont été interrogés, couvrant un large éventail d’activités.
Intitulée « L’usage de l’IA par les acteurs des marchés financiers en France », l’étude souligne plusieurs enseignements majeurs. L’IA générative apparaît comme la technologie la plus utilisée. Pour 54 % des répondants, les cas d’usage sont déjà en production, principalement au sein des grandes entreprises. Une majorité des acteurs prévoit par ailleurs une hausse de leurs investissements en matière d’IA au cours des deux prochaines années.
Les usages sont très majoritairement internes : 83 % des 106 cas d’usage recensés concernent des outils de productivité, des assistants internes ou des solutions d’extraction, de synthèse et de génération de contenus. Les sociétés de gestion et les prestataires de services d’investissement recourent à l’IA pour améliorer l’analyse des données et des marchés ou renforcer leurs processus de conformité. Les infrastructures de marché l’utilisent notamment pour la surveillance des transactions et la détection d’abus de marché.
Les usages orientés vers les clients restent minoritaires : 17 % des cas d’usage visent l’amélioration de la communication ou de l’interaction avec la clientèle, tandis que seuls 1 % concernent directement la fourniture de services d’investissement. L’AMF observe également que le recours à l’IA repose largement sur des solutions clés en main fournies par des prestataires spécialisés, avec une dépendance marquée à un nombre restreint d’acteurs non européens.
Parmi les bénéfices identifiés, l’IA est perçue comme un levier important de réduction des coûts et d’amélioration de l’efficacité des processus internes, au-delà de ses capacités d’analyse de grands volumes de données. Les principaux risques évoqués portent sur la gouvernance et la protection des données, ainsi que sur le risque de dépendance excessive à la technologie en l’absence de supervision humaine suffisante. À ce titre, 72 % des entités interrogées indiquent avoir déjà mis en place des politiques de gouvernance de l’IA.
Ces constats orienteront les priorités de supervision de l’AMF dans les prochaines années, en particulier sur les enjeux de gouvernance et de maîtrise des risques. Le régulateur indique également rester attentif à l’évolution des usages à destination de la clientèle, compte tenu des enjeux associés à la protection des investisseurs.
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