Une nouvelle étape est franchie dans le renforcement de la sécurité des transports en commun. L’expérimentation des caméras frontales embarquées sur les tramways et tram-trains est entrée en vigueur fin décembre, à la suite de la publication du décret d’application de la loi relative à la sûreté dans les transports. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi adoptée en avril 2025, portée par Philippe Tabarot, alors sénateur puis ministre chargé des Transports.
Le dispositif autorise, à titre expérimental jusqu’au 28 juin 2028, les opérateurs de transport volontaires à équiper leurs rames de caméras frontales. Plus de 88 lignes et environ 1700 véhicules pourraient être concernés. L’objectif est de lutter contre les incidents liés à la présence de véhicules ou de personnes sur les voies et améliorer la prévention des accidents, selon le communiqué.
Dans un contexte de forte fréquentation des réseaux, l’enjeu est majeur. En France, le tramway est présent dans 30 agglomérations et a transporté “1,2 milliard de voyageurs en 2024”, selon les données communiquées. L’insertion de ces matériels roulants dans des circulations urbaines parfois très denses génère des risques importants. En 2024, “1 427 collisions avec un tramway ont été recensées, faisant 31 blessés graves et 10 tués”, selon le ministére des Transports
La captation d’images par les caméras frontales est présentée comme un outil clé pour analyser les situations à risque et améliorer la formation des conducteurs. “La captation des images constitue un apport majeur pour l’analyse des risques et la formation du personnel de conduite”, selon le texte, l’expérimentation devant permettre de mesurer l’efficacité des dispositifs mis en place par les opérateurs.
L’encadrement du dispositif fait l’objet de garanties strictes afin de préserver les libertés individuelles. L’utilisation des images est limitée à la prévention et à l’analyse des accidents ainsi qu’à la formation, l’angle de captation est restreint à 60 degrés pour éviter de filmer les intérieurs d’immeubles, et des règles précises sont fixées concernant l’information du public, la conservation des données et la pseudonymisation des images. Ces exigences ont reçu un avis favorable de la CNIL et du Conseil d’État.
Un bilan de l’expérimentation sera établi et transmis au Parlement au plus tard fin décembre 2027. Il devra alimenter la réflexion sur l’usage de la vidéo pour renforcer durablement la sécurité dans les transports publics.
Pour le ministre des Transports, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large. “Après la mise en service des caméras-piétons des agents de contrôle, c’est un nouveau dispositif prévu par la loi relative à la sûreté dans les transports qui entre pleinement en vigueur”. Philippe Tabarot annonce également “le renforcement des prérogatives des agents du GPSR et de la Sûreté ferroviaire, afin de doter la présence humaine sur le terrain de capacités d’action renforcées”, en complément des outils technologiques déployés.
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