Après une relative stabilité en août, les premiers barèmes bancaires de septembre affichent des hausses de 0,10 à 0,20 point selon les établissements, d’après le courtier Vousfinancer. Cette remontée concerne aussi bien des banques régionales que nationales et intervient dans un contexte de tensions sur les marchés obligataires, de reprise de l’inflation et d’incertitudes géopolitiques.
En septembre, Vousfinancer relève des taux moyens de 3,40 % sur 15 ans, 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans. Les meilleurs dossiers peuvent encore obtenir des conditions proches de 3,10 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans.
Taux d’État au-dessus de 4 % et inflation à 2,4 %
Le courtier explique cette évolution par plusieurs facteurs. Il souligne notamment que le taux d’emprunt de l’État français à dix ans évolue au-dessus de 4 % depuis la mi-août, à des niveaux qu’il présente comme inédits depuis 2004.
Vousfinancer cite également une inflation remontée à 2,4 % en août, contre 2,1 % en juillet et 1,8 % en juin, sur la base des données de l’Insee.
Enfin, le courtier anticipe une nouvelle hausse de 0,25 point des taux de refinancement de la Banque centrale européenne lors de sa réunion du 10 septembre, après une première augmentation en juin. Il s’agit à ce stade d’une prévision de Vousfinancer et non d’une décision déjà prise par la BCE.
« Traditionnellement, les banques proposent des taux attractifs en septembre, afin de profiter de ce mois riche en transactions immobilières pour capter des emprunteurs et finaliser leurs objectifs de production de crédits. Mais cette année, dans ce contexte de hausse de l’inflation et des taux des marchés financiers, elles n’ont pas d’autres choix que d’augmenter leurs taux », explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
Dix euros de plus par mois pour 200 000 euros empruntés
Pour l’instant, l’impact des premières augmentations reste contenu, selon le courtier.
Pour un prêt de 200 000 euros sur 20 ans, le passage d’un taux de 3,40 % à 3,50 % ferait évoluer la mensualité, hors assurance, d’environ 1 150 à 1 160 euros, soit une hausse de 10 euros par mois.
Vousfinancer considère néanmoins que les prochaines semaines pourraient constituer une période charnière pour les ménages disposant déjà d’un projet immobilier, si les taux obligataires et les taux directeurs poursuivent leur progression.
Jusqu’à 0,8 point d’écart entre deux banques
Dans ce contexte, le courtier recommande en premier lieu de comparer les établissements. Tous n’ont pas relevé leurs barèmes au même moment et leurs critères commerciaux varient selon les profils recherchés.
Certaines banques proposent par exemple des conditions plus favorables aux jeunes emprunteurs, tandis que d’autres accordent davantage de poids au niveau de revenus ou au diagnostic de performance énergétique du logement.
Selon Vousfinancer, l’écart de taux peut atteindre 0,8 point entre deux établissements pour certains profils.
Les prêts bonifiés peuvent réduire fortement le coût du financement
Autre levier : les prêts complémentaires à taux réduit. Le courtier indique que plusieurs banques proposent encore des financements compris entre 0 et 2 %.
Il cite notamment un prêt à 1,99 % réservé aux primo-accédants, pouvant représenter jusqu’à 10 % du financement, dans la limite de 30 000 euros sur 25 ans. Ce type de dispositif peut être cumulé, selon les établissements et l’éligibilité du ménage, avec le prêt à taux zéro ou d’autres financements bonifiés, notamment liés à la performance énergétique du logement.
Vousfinancer prend l’exemple d’un projet nécessitant 300 000 euros : 30 000 euros empruntés à 1,99 % sur 25 ans, 25 000 euros à 0 % et 245 000 euros financés à 3,50 %.
Selon ses calculs, ce montage ramènerait le coût total du crédit à environ 131 100 euros, contre 155 000 euros sans prêts bonifiés, soit près de 24 000 euros d’économie. L’ensemble correspondrait à un taux moyen proche de 3,10 %, soit environ 0,40 point de moins.
« En cette période de remontée des taux, il est plus que jamais utile de faire appel à un courtier dont le rôle est de mettre en concurrence les banques, obtenir les différents prêts à taux bonifié éligibles, établir le meilleur plan de financement, et réduire le coût total du crédit, mais aussi de l’assurance », détaille Julie Bachet.
Une remontée progressive envisagée au dernier trimestre
Pour les prochains mois, Vousfinancer retient comme scénario central une hausse progressive des taux de crédit au quatrième trimestre, à condition que les tensions inflationnistes et obligataires perdurent.
Le courtier estime notamment que les incertitudes au Moyen-Orient peuvent continuer à peser sur les prix de l’énergie et donc sur l’inflation. Il considère également que les besoins de financement des États et les anticipations des marchés pourraient maintenir les taux obligataires à un niveau élevé.
« Notre scénario central est celui d’une hausse progressive des taux de crédit au cours du dernier trimestre si les tensions inflationnistes et obligataires se confirment dans les prochaines semaines. Toutefois, les banques ne devraient pas provoquer d’envolée brutale mais plutôt ajuster leurs barèmes progressivement pour ne pas casser la dynamique du marché immobilier qui demeure fragile », prévoit Julie Bachet.
Pour Sandrine Allonier, attendre la fin de l’année présente désormais un risque pour certains emprunteurs : celui d’une nouvelle remontée des taux et, par conséquent, d’une diminution de leur capacité d’emprunt. Cette perspective reste toutefois conditionnée à l’évolution effective des marchés financiers, de l’inflation et des décisions de politique monétaire au cours des prochains mois.
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