Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont signé un protocole d’accord avec Altice France en vue de l’acquisition de SFR. L’opération, valorisée à 20,35 milliards d’euros, constitue l’une des plus importantes transactions envisagées dans le secteur européen des télécommunications. Elle reste soumise à plusieurs étapes, notamment aux consultations sociales et à l’obtention des autorisations réglementaires et de concurrence.
Le consortium formé par Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Altice France portant sur l’acquisition de SFR. Les trois opérateurs estiment que cette opération pourrait soutenir le développement des infrastructures numériques françaises tout en renforçant les capacités d’investissement du secteur.
Selon les parties, cette réorganisation permettrait de préserver un environnement concurrentiel tout en donnant aux opérateurs davantage de moyens pour investir dans les réseaux, les services et les évolutions technologiques à venir. L’opération vise également à accompagner le développement des infrastructures et des services de communications électroniques et numériques en France.
Les trois opérateurs mettent également en avant les enjeux sociaux associés à cette transaction. La migration de plusieurs millions d’abonnés, ainsi que le transfert d’infrastructures et de systèmes d’information, nécessiteront un programme industriel de plusieurs années. Le consortium indique que les équipes de SFR seront au cœur de ce processus et annonce qu’un emploi sera garanti à l’ensemble des salariés concernés par les activités reprises jusqu’au début de l’année 2029, soit par le maintien de leur poste, soit par une proposition d’emploi. Les trois groupes s’engagent par ailleurs à ouvrir un dialogue social avec les organisations syndicales représentatives compétentes.
Le protocole d’accord fixe une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros pour les actifs concernés d’Altice France, sous réserve de plusieurs mécanismes d’ajustement avant la finalisation de la transaction.
L’accord prévoit notamment un complément de prix potentiel pouvant atteindre 650 millions d’euros. Des ajustements pourraient également intervenir en fonction de la performance financière de SFR jusqu’à la clôture de l’opération, du niveau de dette nette constaté à cette date ou encore du respect des engagements réglementaires et d’investissement du vendeur.
Des indemnités de rupture sont également prévues. Elles pourraient varier de 100 millions d’euros à 2 milliards d’euros selon les circonstances, l’initiateur de la rupture et le calendrier de l’opération. Ces montants seraient supportés à parts égales entre les membres du consortium, y compris dans certaines situations où l’arrêt de l’opération interviendrait à l’initiative du vendeur.
Le consortium bénéficie par ailleurs de garanties classiques portant sur les actifs et les passifs concernés par la transaction.
La répartition financière entre les trois acquéreurs reste identique à celle présentée lors de l’offre indicative du 17 avril 2026, avec environ 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free-Groupe iliad et 27 % pour Orange. Ces proportions pourraient toutefois évoluer d’ici la finalisation de l’opération selon l’évolution des bases de clientèle.
L’opération prendra la forme d’une acquisition des titres de SFR SA par le consortium.
Selon le schéma envisagé, Bouygues Telecom reprendrait l’activité SFR Business, une partie des activités grand public représentant 5,9 millions de clients, le MVNO Prixtel avec environ 500 000 clients, ainsi que le réseau mobile de SFR dans les zones non denses exploité dans le cadre de Crozon. L’opérateur récupérerait également les infrastructures dédiées au B2B fixe et la part SFR du réseau horizontal FTTH sur une partie de la zone très dense.
Free-Groupe iliad reprendrait l’intégralité de la clientèle RED by SFR, soit environ 6 millions de clients, ainsi qu’une partie des activités grand public de SFR représentant 1,6 million de clients particuliers et 400 000 clients TPE sous la marque SFR.
Orange récupérerait une autre partie des activités grand public de SFR ainsi que les MVNO Réglo, Syma et Coriolis, représentant au total 4,9 millions de clients.
Les fréquences détenues par SFR seraient réparties entre les trois opérateurs.
Les actifs qui ne seraient pas immédiatement repris, notamment les réseaux fixes et mobiles hors Crozon, une partie du réseau de distribution et les systèmes informatiques, resteraient gérés au sein de SFR SA pendant une période transitoire d’au moins 30 mois. Durant cette phase, la société serait détenue à parts égales par Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange afin d’assurer la continuité des opérations et des migrations.
Sur la base des données 2025 et après ajustements, les activités reprises représenteraient 52 % du chiffre d’affaires du périmètre concerné pour Bouygues Telecom, 27 % pour Free-Groupe iliad et 21 % pour Orange. En matière d’EBITDAaL, la répartition atteindrait respectivement 42 %, 33 % et 24 %.
Le chiffre d’affaires 2025 du périmètre concerné s’élève à 8 milliards d’euros, pour un EBITDAaL de 2,6 milliards d’euros.
Les trois opérateurs estiment que le rapprochement des actifs de SFR avec leurs propres infrastructures pourrait générer des synergies importantes et renforcer leurs capacités d’investissement.
La signature du protocole ouvre désormais une phase de consultation des instances représentatives du personnel compétentes. Les parties indiquent vouloir mener ce processus dans le cadre d’un dialogue visant à accompagner l’opération et son éventuelle mise en œuvre.
L’opération demeure soumise à l’approbation des autorités réglementaires concernées, notamment des autorités de concurrence. Les démarches nécessaires doivent être engagées prochainement auprès des différentes institutions compétentes.
La signature de la documentation juridique définitive est attendue au cours du second semestre 2026. Sous réserve de l’obtention des autorisations requises, la réalisation de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027.
À ce stade, les parties précisent qu’aucune certitude ne peut être donnée quant à l’aboutissement de l’opération.
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