La troisième édition du World Living Soils Forum (WLSF) s’est achevée à Arles, réunissant scientifiques, agriculteurs, entreprises, institutions et start-ups autour des enjeux liés à la santé des sols. Organisé par Moët Hennessy et ChangeNOW, l’événement a mis l’accent sur les solutions concrètes permettant d’accélérer la transition vers des sols plus vivants, résilients et fertiles.
Placée sous le haut patronage de la Présidence de la République française, de l’UNESCO, de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) et de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), cette troisième édition a confirmé le positionnement du forum comme espace de dialogue entre les différents acteurs engagés dans la préservation des sols.
Le rendez-vous a également bénéficié du soutien de plusieurs entreprises partenaires, parmi lesquelles PwC, Nestlé, Nespresso, Pernod Ricard et le Groupe BPCE, à travers Mirova et Natixis CIB.
Plus de 500 participants se sont réunis à Arles tandis que 100 experts supplémentaires ont participé à distance depuis Shanghai, New York et São Paulo. Au total, plus de 80 sessions ont été organisées sous forme de conférences, tables rondes, ateliers, keynotes et présentations, mobilisant plus de 180 intervenants internationaux et 20 modérateurs.
Seize start-ups ont présenté leurs innovations lors du forum. Le prix « Coup de Cœur » du jury a été attribué à Small Farm Cities Africa, une organisation qui développe des communautés agricoles associant habitations écologiques et parcelles agroforestières afin de limiter la déforestation et d’améliorer les conditions de vie des populations locales.
« Avec le World Living Soils Forum, notre objectif est de rassembler autour d'une même table ceux qui produisent, ceux qui innovent, ceux qui financent et ceux qui décident », indique Jean-Jacques Guiony, CEO de Moët Hennessy. « Notre ambition dépasse les simples constats. Il s'agit de partager ce qui fonctionne et d'accélérer la transition à grande échelle. Derrière la question des sols se joue bien plus qu'un enjeu environnemental : c'est l'avenir de nos filières, de nos territoires, et de notre capacité à créer durablement de la valeur qui est en jeu. »
Au cours des deux journées d’échanges, les intervenants ont mis en avant plusieurs priorités pour favoriser la régénération des sols.
Les débats ont notamment porté sur le développement de mécanismes de financement adaptés, le renforcement des politiques publiques et l’intégration de la santé des sols dans les dispositifs éducatifs.
Les participants ont également souligné la nécessité de déployer à plus grande échelle les pratiques agricoles et urbaines déjà éprouvées, en démontrant leurs bénéfices pour les agriculteurs, les territoires, les consommateurs et les écosystèmes.
La gestion durable de l’eau, la préservation de la biodiversité et le renforcement de la résilience territoriale ont également été identifiés comme des leviers majeurs des stratégies d’adaptation. Les échanges ont par ailleurs mis en lumière le rôle de la culture, de l’art, de la gastronomie et de la société civile dans la sensibilisation du grand public aux enjeux liés aux sols.
Cette édition a également illustré la montée en puissance de l’engagement du secteur privé dans les démarches de régénération des sols.
La présence d’Antoine Arnault a permis de rappeler les engagements du groupe LVMH dans le domaine de l’agriculture régénératrice et de la préservation des écosystèmes. Depuis 2019, le groupe indique avoir contribué à la préservation ou à la restauration de 4,3 millions d’hectares d’habitats naturels dans le monde.
À l’approche de la COP17 de l’UNCCD, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a annoncé la création du Hub français de l’initiative Business for Land (B4L). Cette plateforme s’appuiera sur le World Living Soils Forum afin de fédérer les entreprises françaises engagées dans la préservation des sols, des terres et des ressources en eau, avec le soutien d’Entreprises pour l’Environnement (EPE), du programme Entreprises Engagées pour la Nature et de l’Office français de la biodiversité.
Les partenaires du forum ont souligné la nécessité d’intensifier les coopérations entre entreprises, agriculteurs, scientifiques et investisseurs afin d’accélérer le déploiement des solutions existantes.
« Cette troisième édition du WLSF a été marquée par une mobilisation encore renforcée et des échanges d’une grande richesse », explique Sandrine Sommer, directrice du Développement durable de Moët Hennessy. « Les sols sont désormais reconnus comme un capital vital et une solution pour s’adapter au changement climatique. Ensemble, continuons d’agir, d'innover et de collaborer pour la pérennité de notre économie, la résilience de notre planète et pour les générations futures. »
Santiago Lefebvre, président et fondateur de ChangeNOW, estime que « régénérer nos sols, c’est régénérer les fondations mêmes de notre économie et de notre alimentation » et considère l’agriculture régénératrice comme un levier à la fois écologique, économique et lié à la souveraineté alimentaire.
Plusieurs entreprises partenaires ont également détaillé leurs engagements. Noémie Bauer, directrice RSE de Pernod Ricard, a souligné l’importance de diffuser les solutions déjà éprouvées et de construire des référentiels communs pour mesurer leur impact. Anita Wälz, directrice du développement durable et de la communication de Nestlé Europe, a insisté sur la nécessité de bâtir des partenariats solides afin de permettre à l’agriculture régénératrice de changer d’échelle.
Jérôme Perez, Global Head of Sustainability chez Nespresso, a rappelé que près de 80 % du café utilisé par l’entreprise provient aujourd’hui d’exploitations engagées dans des pratiques régénératrices, avec l’objectif d’atteindre la quasi-totalité des approvisionnements d’ici 2030.
De son côté, Sylvain Lambert, associé responsable de l’activité Développement durable chez PwC France et Maghreb, a souligné le lien entre la santé des sols, l’alimentation, l’accès à l’eau et aux ressources stratégiques, estimant que le partage des connaissances constitue un levier essentiel d’innovation.
Enfin, Leïla Phelouzat, directrice de l’engagement sociétal et de la transformation du Groupe BPCE, a mis en avant la dynamique collective réunissant agriculteurs, scientifiques, entreprises, investisseurs et acteurs publics autour d’un objectif commun : partager les expertises et construire des solutions concrètes pour accompagner la transition et renforcer la résilience des territoires.
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