Bosch présentera du 14 au 20 septembre 2026 à Hanovre, lors du salon IAA Transportation, plusieurs technologies destinées aux véhicules utilitaires et poids lourds. Le groupe mettra notamment en avant l’électrification, les piles à combustible, les moteurs à hydrogène, les capteurs pour la conduite automatisée et les architectures informatiques nécessaires aux véhicules dits « définis par logiciel ».
L’équipementier entend couvrir plusieurs briques technologiques d’un camion moderne : groupe motopropulseur, gestion thermique, châssis, automatisation, connectivité et services numériques. Bosch indique également travailler à une nouvelle coentreprise avec Brakes India Private Limited et Wheels India Limited, deux filiales du groupe TSF, sous réserve de l’accord des autorités compétentes. Le projet doit notamment porter sur des actionneurs intelligents pour l’air comprimé, la suspension pneumatique et les freins de stationnement.
Un nouvel essieu électrique pour les camions de 18 à 49 tonnes
Parmi les solutions présentées figure un e-axle rigide intégrant moteur électrique et transmission pour des véhicules utilitaires de 18 à 49 tonnes.
Bosch affirme que cette architecture permet de réduire le poids et d’améliorer l’efficacité par rapport à un entraînement électrique central conventionnel. Associé à des onduleurs en carbure de silicium, dont l’efficacité annoncée atteint jusqu’à 99 %, le système doit contribuer à réduire les coûts d’exploitation.
Le groupe dévoilera également un module de ventilateur haute tension destiné aux architectures 800 volts. Conçu pour les véhicules utilitaires électriques et les applications hors route, il doit ajuster le refroidissement des composants afin de limiter la consommation d’énergie.
Piles à combustible et moteurs à hydrogène
Bosch poursuit parallèlement plusieurs pistes autour de l’hydrogène.
Ses systèmes de piles à combustible couvrent une plage de puissance comprise entre 100 et 300 kW et ciblent notamment les autobus urbains et les camions longue distance. Le groupe met en avant un poids système inférieur, une autonomie potentiellement plus élevée et des ravitaillements plus rapides que pour certaines architectures uniquement alimentées par batterie.
Depuis 2025, Bosch équipe également plusieurs véhicules et flottes d’essai avec des composants destinés aux moteurs à combustion fonctionnant à l’hydrogène, dont des injecteurs, unités de contrôle, capteurs et éléments pour les réservoirs. L’entreprise travaille aussi sur d’autres carburants alternatifs comme le méthane, l’éthanol ou le méthanol.
Pour les carburants synthétiques renouvelables, Bosch développe par ailleurs un « digital fuel twin », logiciel basé sur le cloud destiné à tracer leur utilisation et à documenter les réductions d’émissions associées.
Une caméra vingt fois plus puissante pour les aides à la conduite
Le salon sera également l’occasion de présenter plusieurs équipements de sécurité.
Depuis mi-2026, la réglementation européenne impose aux nouveaux camions des dispositifs capables d’alerter le conducteur en cas d’inattention ou de fatigue. Bosch propose une caméra intégrée au rétroviseur numérique ; deux constructeurs européens l’utilisent déjà en série, selon le groupe.
La nouvelle caméra MPC4 doit de son côté combiner les informations provenant de plusieurs capteurs entourant le véhicule. Bosch annonce une puissance de calcul multipliée par vingt par rapport à la génération précédente, avec recours à l’intelligence artificielle pour des fonctions comme l’alerte de franchissement de ligne ou le freinage d’urgence. La production est prévue en 2027.
Un radar de septième génération est également annoncé pour 2027. Il intégrera une puce conçue en interne et des algorithmes d’IA pour améliorer le traitement des signaux.
Des camions pilotés par des architectures informatiques centralisées
Bosch mise également sur des ordinateurs de bord capables de centraliser un nombre croissant de fonctions auparavant réparties entre plusieurs calculateurs.
Sa plateforme d’intégration doit notamment gérer les fonctions du poste de conduite, tandis qu’une autre architecture regroupe les fonctions liées au mouvement, à l’énergie et à la carrosserie. Ces systèmes doivent faciliter les mises à jour logicielles et l’ajout de nouvelles fonctionnalités à distance.
La filiale ETAS développe en parallèle des plateformes logicielles reposant notamment sur l’initiative open source Eclipse S-CORE ainsi qu’une nouvelle génération de diagnostic destinée à identifier plus rapidement les défauts complexes et à réduire les temps d’immobilisation en atelier.
La direction entièrement électrique prépare le « steer-by-wire »
Autre évolution présentée : ServoE, un système de direction entièrement électrique pour véhicules utilitaires lourds.
Il fonctionne sans huile hydraulique et dispose d’une architecture redondante conçue pour accompagner des fonctions allant de l’assistance de direction à la conduite automatisée. Bosch estime que cette technologie prépare également l’arrivée du steer-by-wire, où il n’existe plus de liaison mécanique directe entre le volant et les roues.
Le groupe présentera aussi son système électrohydraulique Servotwin, compatible avec des fonctions d’assistance de niveau SAE 2, ainsi qu’une direction d’essieu arrière destinée à réduire le rayon de braquage des poids lourds.
Bosch Mobility, premier secteur d’activité du groupe, a réalisé 55,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, soit environ 61 % du total de Bosch. L’ensemble du groupe comptait environ 413 000 collaborateurs fin 2025 et a généré 91 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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