La transformation du monde du travail pousse les entreprises à revoir en profondeur leurs modèles d’organisation et de gestion des talents. Une étude publiée par Gi Group Holding révèle que « 88 % des entreprises misent sur l’intérim pour relever les défis de demain », confirmant une évolution structurelle vers davantage de flexibilité.
Intitulée « Repenser le modèle – Comment réinventer la gestion des talents pour s’adapter à un monde du travail en pleine mutation », l’étude s’appuie sur deux enquêtes internationales complémentaires. Selon les informations communiquées, l’enquête mondiale Gi Group Holding 2025 a été menée auprès de « 10 000 actifs dans 20 pays », tandis que l’étude The Work We Want, conduite par la World Employment Confederation, repose sur les réponses de « 715 dirigeants seniors à travers le monde ». L’objectif affiché est de croiser les attentes des talents avec les stratégies mises en place par les entreprises face aux défis économiques, technologiques et sociaux.
Cette approche croisée permet de dresser « une vision complète et nuancée » de l’avenir du travail. Le rapport met en évidence l’évolution des attentes des professionnels en matière de flexibilité, de sens et de développement des compétences, mais aussi les stratégies déployées par les organisations pour attirer, fidéliser et faire évoluer leurs équipes dans un environnement instable. Les tendances observées redéfinissent les modèles traditionnels, sous l’effet combiné de la digitalisation, de l’inclusion et de la responsabilité sociale des entreprises.
Les chiffres avancés traduisent un changement profond. Selon l’étude, « 82 % des dirigeants jugent obsolètes les méthodes traditionnelles de recrutement et de fidélisation », tandis que « 65 % des employés privilégient désormais des contrats hybrides ». Dans ce contexte, « 88 % des dirigeants comptent renforcer leur recours à l’intérim », perçu comme un levier d’agilité face à l’incertitude économique. Autre enseignement marquant, « 92 % des employeurs prévoient de renforcer la flexibilité de leur main-d’œuvre d’ici 2027 », soit une progression de 18 points par rapport aux projections formulées en 2023. En parallèle, « 78 % des entreprises redoutent un décalage croissant entre les compétences disponibles et les exigences technologiques », notamment liées à l’intelligence artificielle, à l’automatisation et à la cybersécurité.
Cette évolution est analysée comme une transformation durable plutôt qu’une réponse ponctuelle à la crise. Selon la déclaration de Franck Teboul, président et Country General Manager France de Gi Group Holding, « la flexibilité n’est pas une réponse à la crise, mais une réinvention durable du travail ». Il estime que les entreprises qui adoptent « des modèles hybrides combinant CDI, intérim et free-lance » ne se contentent pas de s’adapter, mais « bâtissent un avantage compétitif pour demain ».
Pour réussir cette transition, l’étude identifie trois piliers clés. La résilience passe par « une main-d’œuvre modulaire » capable d’absorber les chocs économiques ou technologiques. La portée repose sur « l’élargissement de l’accès aux talents au-delà des frontières géographiques », grâce à des partenariats locaux et à des outils digitaux. Enfin, la fidélisation implique de créer « un écosystème commun » où salariés permanents et intérimaires partagent la culture d’entreprise, notamment à travers des programmes de formation communs.
Le rapport formule également plusieurs recommandations, parmi lesquelles « investir dans l’apprentissage continu et la mobilité interne », « intégrer la flexibilité dans les stratégies de recrutement au-delà des périodes de crise », ou encore « s’appuyer sur des partenaires de confiance pour anticiper les évolutions réglementaires ». Autant de pistes qui confirment, selon le communiqué, que la flexibilité est devenue un impératif stratégique pour les entreprises confrontées à un monde du travail en pleine mutation.
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