L’Autorité de la concurrence annonce l’ouverture d’une autosaisine pour avis consacrée au secteur des agents conversationnels, un segment en forte croissance situé à l’aval de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de son avis de juin 2024 sur l’IA générative et de ses travaux relatifs aux enjeux concurrentiels, énergétiques et environnementaux liés à ces technologies.
Selon les informations communiquées, l’Autorité de la concurrence entend analyser un marché qui apparaît aujourd’hui « apparemment dynamique », mais dont les évolutions récentes pourraient « avoir un impact sur le fonctionnement concurrentiel de plusieurs secteurs clés de l’économie ». L’attention de l’institution se porte ainsi sur les agents conversationnels, distincts des simples chatbots ou des assistants vocaux traditionnels, et fondés sur des technologies d’IA générative avancées.
L’usage de ces outils connaît une progression rapide. Selon le communiqué, « le nombre d’utilisateurs des outils conversationnels a augmenté de plus de 60 % en France en 2024 ». Le marché s’organise autour de quelques grands acteurs internationaux et européens, parmi lesquels figurent notamment ChatGPT développé par OpenAI, Google Gemini, Le « Chat » de Mistral AI, Perplexity ou encore Microsoft Copilot. Ces services sont capables de comprendre le langage naturel, de générer du texte, d’expliquer du code ou de produire des contenus visuels.
Selon les données relayées, l’adoption de ces outils varie fortement selon l’âge. Une étude menée par l’IFOP montre que « 85 % des 18-24 ans » et « 63 % des 25-34 ans » utiliseraient des IA génératives, contre « seulement 31 % des 35 ans et plus ». Cette diffusion rapide renforce, selon l’Autorité, la nécessité d’examiner les équilibres concurrentiels à l’œuvre.
L’avis à venir portera notamment sur le fonctionnement économique des agents conversationnels. L’Autorité s’intéressera à « l’intégration de la publicité », aux modalités d’insertion de ces agents « au sein de services existants », aux partenariats conclus par les éditeurs, ainsi qu’à la transformation progressive de ces outils en « véritables plateformes », permettant d’accéder à des services tiers sans quitter l’interface conversationnelle. En revanche, « la relation entre les agents conversationnels et les moteurs de recherche ne fait pas partie du champ de l’avis ».
Une attention particulière sera accordée au développement du commerce agentique. Ce nouveau mode de commerce en ligne repose sur des agents capables « d’accompagner les utilisateurs dans leur parcours d’achat », voire d’effectuer certaines tâches de manière autonome. Ces agents peuvent comparer des offres, recommander des produits, proposer des liens vers des sites marchands et permettre le paiement, parfois sans quitter l’environnement conversationnel. À terme, ils pourraient également anticiper des achats récurrents ou futurs.
Selon l’Autorité, l’essor du commerce agentique pourrait conduire « l’ensemble de l’écosystème de la vente en ligne » à s’adapter, y compris les acteurs de la logistique ou des solutions de paiement. L’enquête sectorielle devra ainsi « dresser un panorama détaillé de la chaîne de valeur », identifier les acteurs en place ou émergents et analyser les interactions avec le commerce en ligne traditionnel, ainsi que les problématiques concurrentielles associées.
Pour nourrir cette réflexion, l’Autorité de la concurrence prévoit de lancer « une consultation publique très prochainement ». Les contributions des parties prenantes viendront alimenter les travaux, avant la publication de l’avis final « dans le courant de l’année 2026 ».
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