L’entrée en vigueur progressive de MiFID III marque une étape structurante pour les institutions financières européennes. Cette nouvelle directive, applicable « progressivement depuis 2024 », avec des exigences renforcées « dès septembre 2025 » et une application complète attendue « en juin 2026 », intervient dans un contexte déjà dense sur le plan réglementaire. Pourtant, la considérer comme une simple prolongation de MiFID II serait, selon l’analyse proposée, « une erreur stratégique ».
Selon le communiqué, MiFID III consacre un changement profond de logique. La conformité ne peut plus être « uniquement déclarative ou documentaire », mais doit désormais être « démontrée, en continu, dans les faits et dans les systèmes ». Autrement dit, les établissements financiers sont appelés à prouver concrètement leur capacité à maîtriser leurs pratiques, et non plus seulement à produire des procédures ou des rapports a posteriori.
Ce basculement remet en cause les modèles traditionnels de conformité. Celle-ci reposait jusqu’ici sur « des procédures écrites, des audits ponctuels et des reportings produits a posteriori », un fonctionnement désormais jugé insuffisant. La surveillance des communications financières illustre cette évolution, puisqu’il ne s’agit plus seulement « d’enregistrer des échanges », mais de pouvoir « analyser le contenu, le contexte et les usages » afin d’identifier des risques de non-conformité. La conformité devient ainsi « opérationnelle et comportementale », bien au-delà d’un simple exercice juridique.
Cette transformation exerce une pression accrue sur les organisations. Selon le communiqué, les équipes conformité, risk, IT et métiers doivent désormais « travailler de concert », dans un environnement où les autorités de supervision exigent « une vision globale, cohérente et traçable » des dispositifs déployés. À l’approche des prochaines échéances, les régulateurs n’attendent plus « des intentions ou des feuilles de route », mais « des dispositifs effectivement déployés, mesurables et auditables ».
Dès septembre 2025, les établissements devront être en mesure de « justifier concrètement leurs choix technologiques et organisationnels ». À défaut, ils s’exposent, selon le communiqué, « à des remarques formelles, des injonctions correctrices, voire des sanctions ». Cette exigence renforce le rôle central de la technologie dans les stratégies de conformité.
Selon l’analyse présentée, « sans technologie adaptée, la conformité MiFID III ne peut pas être durablement assurée ». La multiplication « d’outils disparates, de processus manuels et de contrôles a posteriori » n’est plus compatible avec les attentes actuelles. La conformité doit désormais être intégrée « by design » dans les systèmes, avec « des mécanismes de supervision automatisés », une vision transverse des usages et une capacité à produire « des preuves fiables à tout moment ». Il s’agit moins d’un choix que d’« une question de résilience réglementaire ».
À l’approche de l’échéance de juin 2026, MiFID III apparaît ainsi comme un révélateur. Selon le communiqué, elle « ne laisse plus de place à l’attentisme » et distingue désormais « les acteurs capables de prouver, en permanence, qu’ils maîtrisent leurs pratiques et leurs infrastructures ». Plus qu’une contrainte, cette directive est présentée comme « une opportunité » pour les institutions qui sauront transformer leurs obligations réglementaires en levier de robustesse et de crédibilité.
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