À l’occasion de la 3e édition du Forum de coopération industrielle franco-italien, organisée le 3 mars 2026 à Rome, la France et l’Italie ont appelé à renforcer la compétitivité de l’industrie européenne. Réunis dans le cadre du Traité du Quirinal, le ministre italien des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso, et le ministre délégué français chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, ont signé une déclaration commune définissant plusieurs priorités industrielles pour l’Union européenne.
Les deux ministres ont notamment plaidé pour une action européenne renforcée en faveur de l’industrie automobile et des secteurs à forte intensité énergétique, considérés comme des piliers du tissu productif européen. Ils appellent à des réformes ciblées du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) ainsi qu’au renforcement des instruments européens de lutte contre les pratiques commerciales déloyales et la surcapacité mondiale.
Un appel à accélérer les réformes européennes
Pour Adolfo Urso, l’année 2026 doit constituer un moment décisif pour l’évolution du projet européen.
« L’année 2026 doit marquer le passage décisif dans le processus de réforme de l’Europe. L’Italie et la France, pays leaders, ont la responsabilité de tracer ensemble une ligne claire et de l’indiquer aux autres États membres, en renforçant davantage leur collaboration, notamment par la pleine implication de l’Allemagne. Il faut une Europe plus cohérente et plus compétitive. Il n’y a plus de temps à perdre : il faut agir immédiatement pour sauver l’industrie européenne », a-t-il déclaré.
Sébastien Martin a souligné de son côté le rôle du partenariat franco-italien dans la reconquête industrielle européenne.
« Le Traité du Quirinal engage clairement la France et l’Italie à faire du couple franco-italien un moteur de la reconquête industrielle européenne. Dans un contexte de rupture géopolitique, l’Europe n’a plus le choix : elle doit se transformer, se protéger et investir pour produire. »
Selon lui, les priorités doivent porter sur la compétitivité, la simplification réglementaire, la protection du marché européen face aux pratiques déloyales et le soutien financier aux secteurs stratégiques.
Sécuriser les chaînes d’approvisionnement
Dans leur déclaration commune, les deux ministres ont également insisté sur la nécessité de renforcer les chaînes de valeur européennes et la sécurité des approvisionnements en matières premières critiques. Ces ressources sont jugées essentielles pour plusieurs secteurs stratégiques, notamment les semi-conducteurs, les batteries, les technologies numériques ou encore l’industrie de défense.
La déclaration évoque également la possibilité d’une révision ciblée de l’European Chips Act afin de consolider les capacités européennes dans le domaine des semi-conducteurs.
Vers des critères « Made in Europe »
La France et l’Italie proposent par ailleurs l’introduction de critères « Made in Europe » dans le futur Industrial Accelerator Act, appliqués de manière ciblée aux secteurs industriels stratégiques.
Cette orientation pourrait concerner plusieurs filières, notamment l’automobile, l’acier, le ciment, l’aluminium et certaines technologies critiques, afin de soutenir les capacités de production européennes.
Une surveillance renforcée du marché intérieur
Les deux pays ont également appelé à une action coordonnée au niveau européen pour renforcer la surveillance du commerce en ligne et lutter contre la circulation de produits non conformes au sein du marché unique.
Selon les données de la Commission européenne, le nombre de colis de faible valeur entrant dans l’Union connaît une croissance rapide, ce qui peut poser des problèmes de concurrence loyale et de sécurité pour les consommateurs.
Dans ce contexte, la Commission prévoit d’introduire à partir de juillet un droit de douane de 3 euros sur les petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros entrant dans l’Union européenne.
Une coopération industrielle renforcée
Le forum a également mis en avant l’intégration croissante des écosystèmes économiques, scientifiques et industriels français et italiens. Plusieurs coopérations stratégiques ont été citées, notamment dans les secteurs de l’espace, du nucléaire ou encore des technologies de pointe.
Les ministres ont également réaffirmé l’importance du futur Fonds européen pour la compétitivité ainsi que le renforcement de la coordination autour des projets importants d’intérêt européen commun (IPCEI), afin de soutenir les technologies clés de la transition énergétique et numérique.
Visite de la Smart Factory de Thales Alenia Space
À l’issue du forum, Adolfo Urso et Sébastien Martin ont visité la Smart Factory de Thales Alenia Space, située au Technopôle Roma Tiburtino.
Cette visite a permis de présenter les lignes de production et les processus industriels de cette joint-venture franco-italienne, illustrant les synergies entre les deux pays dans la recherche, le développement et la production de systèmes spatiaux à l’échelle européenne.
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