Le premier comité de pilotage national consacré au déploiement de la stratégie française de capture, utilisation et stockage du carbone (CCUS) s’est réuni le 9 février 2026 au siège du groupe Vicat, à L’Isle-d’Abeau, en Isère. Cette réunion a rassemblé des représentants industriels, des élus locaux et des membres des administrations afin de faire un point d’étape sur l’avancement des projets, ainsi que sur les questions de régulation, de financement et de prévention des risques. Cette instance a vocation à assurer un suivi régulier du développement de la filière.
La stratégie nationale relative au CCUS, publiée le 4 juillet 2024, constitue le premier cadre structurant pour cette chaîne de valeur en France. Le CCUS est présenté par les autorités comme un outil destiné à traiter les émissions industrielles dites incompressibles, notamment dans les secteurs où les solutions de réduction directe restent limitées. Son déploiement vise à contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques fixés à l’horizon 2030.
Depuis la publication de la stratégie, plusieurs avancées ont été recensées sur les différentes étapes de la chaîne. Concernant le captage, l’appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation (GPID) soutient sur quinze ans les investissements et les coûts d’exploitation des sites industriels fortement émetteurs. Plusieurs projets intégrant des technologies CCUS figurent parmi les lauréats 2025, annoncés le 11 février 2026, notamment ceux portés par Heidelberg Materials dans les Deux-Sèvres, Holcim en Mayenne et Aluminium Dunkerque dans le Nord, en plus du projet du groupe Vicat en Isère.
Sur le volet transport, un cadre réglementaire concernant les infrastructures de transport du dioxyde de carbone a été élaboré avec la Commission de régulation de l’énergie. Ce dispositif vise à garantir un accès aux infrastructures reposant sur des règles présentées comme transparentes et non discriminatoires.
Concernant l’utilisation du CO? capté, les autorités envisagent son emploi dans la production de carburants de synthèse destinés aux secteurs aérien et maritime, dans le cadre du respect des obligations européennes d’incorporation. Sur la question du stockage, la France a ratifié en juin 2025 l’amendement au Protocole de Londres autorisant le transport transfrontalier de CO? pour stockage en mer. Un accord bilatéral a également été signé avec la Norvège. Par ailleurs, un appel à projets AgiBAC doit être lancé afin d’améliorer la connaissance du sous-sol national et de tester des injections de dioxyde de carbone.
Selon les autorités, la mise en place de ce comité de pilotage constitue une étape dans la structuration d’une filière nationale du CCUS, associant industriels, nouveaux acteurs économiques et compétences issues notamment du secteur pétrogazier. L’objectif affiché est de faire du CCUS un outil de décarbonation industrielle et un levier de développement économique à l’international.
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